Le moral des investisseurs allemands s’est nettement redressé en juin, porté par l’espoir d’une paix au Moyen-Orient après l’accord entre l’Iran et les États-Unis en début de semaine, selon le baromètre de l’institut ZEW publié mardi.
L’indicateur a bondi de 20,7 points sur un mois pour repasser en territoire positif, à +10,5 points, une reprise bien meilleure qu’anticipée par les analystes de la plateforme Factset qui tablaient sur un chiffre négatif, comme en mai.
L’enquête, réalisée auprès de 190 analystes et investisseurs institutionnels entre le 8 et le 15 juin 2026, prend en compte l’annonce, lundi, d’un accord entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin au conflit qui sévit depuis fin février.
Les experts sondés «misent sur une fin prochaine du conflit en Iran», explique le président du ZEW, Achim Wambach, qui estime que «la pression massive sur les prix de l’énergie et l’inflation devrait s’atténuer».
«Cela profiterait à l’industrie à forte intensité énergétique et aux ménages, ce qui renforcerait la demande intérieure», ajoute-t-il.
Presque tous les secteurs de l’industrie ont gagné en optimisme en juin, notamment l’automobile en forte hausse de 21,9 points après plusieurs mois de baisse, la chimie et pharmacie (+16 points), et la construction mécanique (+9,2 points).
Seul le bâtiment a subi un recul marqué (-15,2 points), entre autres à cause de la hausse des taux d’intérêt décidée par la Banque centrale européenne la semaine dernière, selon le communiqué.
Les soldes de tous ces secteurs restent cependant en territoire négatif, signe de la fragilité de la première économie européenne, dont l’industrie est en crise depuis plusieurs années.
La composante de l’indice évaluant la situation actuelle s’est quant à elle légèrement dégradée, chutant à -81 points, déjouant les attentes.
«Même si la situation géopolitique au Proche-Orient devait évoluer favorablement comme prévu, il faudra encore un certain temps avant que les vents contraires pesant sur l’économie allemande ne s’atténuent», a commenté Felicitas Henze, économiste chez Deutsche Bank.
La semaine dernière, la Banque fédérale d’Allemagne a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l’Allemagne en 2026 et 2027, attendue respectivement à 0,5% et 0,8%.