Les commandes industrielles allemandes ont connu une net recul en avril, selon les résultats provisoires publiés lundi par l’institut Destatis, et le gouvernement ne s’attend pas à une embellie du fait du conflit au Moyen-Orient.
Sur un mois, le volume des commandes s’est rétracté de 3,8% en données corrigées des variations saisonnières et des effets calendaires. En glissement annuel, les commandes ont progressé de 1,6%.
Dans le contexte actuel du Moyent-Orient, synonyme «de coûts et d’incertitudes en hausse et de tensions croissantes sur les chaînes d’approvisionnement, la conjoncture industrielle ne devrait continuer de se redresser que de manière modérée dans les prochains mois», prévient le ministère de l’Economie dans un communiqué distinct.
L’origine géographique des commandes montre une réelle césure entre les clients de la zone euro, qui ont fortement réduit leurs commandes (-11,1%), alors que les autres pays n’ont pas refermé leur carnet (+0,8%), selon Destatis.
Les secteurs de l’automobile et les pièces détachées (-5,3%), les machines (-7,4%), les équipements électriques (-16,3%) souffrent le plus du contexte actuel.
En mars, les commandes avaient connu un bond de 4,5% (5% en valeur provisoire), le ministère de l’Economie l’expliquant alors par des «effets d’anticipation» liés à la crise énergétique provoquée par la guerre en Iran.
Mais «la hausse des prix de l’énergie et des matières premières» et une «incertitude géopolitique nettement accrue» semblent entraîner de plus en plus «une baisse de la demande, en particulier pour les biens d’équipement», a commenté lundi le ministère.
En comparaison trimestrielle, plus stable, les entrées de commandes reculent de 3,1% par rapport au trimestre précédent, après une activité anormalement élevée à la fin de l’année dernière.
«Jusqu’au début du conflit au Proche-Orient (...), la tendance était orientée à la hausse», souligne le ministère.