La Banque cantonale du Jura (BCJ) a pâti des taux d’intérêts en 2025. La direction entend continuer d’investir pour répondre aux exigences réglementaires tout en restant vigilante à la politique de la Banque nationale suisse (BNS). Le conseil d’administration pourra proposer à ses actionnaires un dividende total en repli à 6,15 millions de francs, contre 6,75 millions précédemment.
De janvier à décembre derniers, l’établissement jurassien a cumulé un résultat d’exploitation de 28,6 millions de francs, soit une baisse de 9,9% sur un an, indique un communiqué paru mardi. Le bénéfice net est affiché en recul de 8,9% à 12,3 millions.
Les opérations d’intérêt sont restées stables à 50,7 millions. Les opérations de commissions et services ont avancé de 3,8% à 11,3 millions. Enfin, les opérations de négoce ont rapporté 7,6 millions, amoindries de 5,0%.
Les charges d’exploitation ont pesé plus lourdement de 8,6% à 38,6 millions. «C’est notamment la hausse sensible des effectifs qui a augmenté, avec des postes dans la maîtrise des risques ou les services de contrôle», explique à l’agence AWP le directeur général, Bertrand Valley. «Il a aussi fallu répondre aux exigences réglementaires qui ne cessent d’augmenter.» La politique de recrutement se stabilisera en 2026 voir 2027.
Par ailleurs, les investissements dans la numérisation ont été importants, «mais on ne les voit pas forcément, comme l’intelligence artificielle dans les cyber-risques et le contrôle des services de paiement», a-t-il ajouté.
La somme au bilan a cependant augmenté de 3,1% à 4,52 milliards, grâce à une solide croissance des prêts hypothécaires à 4,52 milliards, en progression de 5,3%. Les dépôts de la clientèle ont suivi la même courbe à 2,7 milliards contre 2,6 milliards un an plus tôt.
Moins d’investissements, plus de réglementations
«Les volumes des portefeuilles de nos entreprises ont baissé entre 20 et 50%. Elles font preuve de résilience avec probablement à l’avenir encore moins d’investissements et de dépenses», souligne le directeur général qui note une baisse des créances à la clientèle et des comptes courants beaucoup moins utilisés. Cette tendance se prolongera en 2026 et 2027, selon lui.
Pour 2026, la BCJ redoute des résultats en recul notamment à cause du contexte économique tendu et de la pression exercée sur les marges. «Etant une banque principalement hypothécaire, nous restons vigilants, comme tous les établissements similaires en Suisse. Dans tous les cas, la BNS aura davantage tendance à baisser les taux que de les augmenter. Nous tablons donc sur des taux d’intérêt négatifs en fin d’année et une morosité générale», annonce M. Valley.
Après plus de 20 ans à la tête de l’établissement, le directeur général quittera ses fonctions le 1er mars. «La BCJ a énormément changé avec des périodes compliquées. Nous avons eu l’impression de ne pas pouvoir vivre trois ans sans crise. La numérisation, la maîtrise des risques, la disparition de Credit Suisse ont décuplé l’énergie à mettre dans la gouvernance d’une banque. Ces dernières années ont été marquantes et exigeantes.» Grégory Chapuis lui succèdera.
Aux douze coups de midi et trente-huit minutes, le titre BCJ perdait 0,61% à 82,06 francs dans un SPI prenant 0,58%.