Règlementation UBS: Sergio Ermotti critique vivement les autorités

AWP

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«La Finma et la Banque nationale suisse sont coresponsables de ce qui s’est passé avec Credit Suisse», déclare le CEO de la grande banque dans une interview à la «NZZ».

Le directeur général d’UBS Sergio Ermotti a vivement critiqué les autorités avant la décision du Conseil des Etats sur la règlementation UBS. La Finma et la Banque nationale suisse (BNS) sont coresponsables de ce qui s’est passé avec Credit Suisse (CS), a-t-il déclaré dans une interview publiée dimanche soir par la NZZ.

Le patron de la banque aux trois clés estime admissible la proposition de la commission du Conseil des Etats. Avec cette dernière, UBS devrait étoffer son capital Tier-1 d’environ 13 milliards de dollars. Les coûts annuels supplémentaires liés à l’acquisition du CS seraient ainsi de 2 milliards de dollars.

La commission des affaires économiques et fiscales du Conseil des Etats (CER-E) propose que la maison-mère couvre ses filiales étrangères au moins à 50% avec des fonds propres CET1 et jusqu’à 50% avec des emprunts AT1. Le projet du Conseil fédéral propose lui une couverture à 100% avec des fonds propres CET1. Actuellement, les filiales étrangères sont couvertes à 45% avec des CET1 et 17% des AT1.

Pour M. Ermotti, la pire solution serait une couverture à 90 ou 100% avec des fonds propres durs. La proposition de 100% du Conseil fédéral représenterait des coûts annuels d’environ 3 milliards de dollars, la proposition de 90% serait à peu près aussi chère.

On peut s’en tirer avec un oeil au beurre noir, pas avec deux, a imagé le patron d’UBS. La banque sait qu’elle devra payer un «prix politique».

La semaine passée devant l’Association des banquiers à Saint-Gall, le président du conseil d’administration d’UBS Colm Kelleher avait aussi indiqué qu’il pouvait imaginer vivre avec la proposition de la CER-E, même si cela impliquerait des coûts plus élevés.

Les autorités critiquées

Selon M. Ermotti, la représentation des autorités est «réduite et trompeuse». Des faits en partie incorrects ont été présentés aux sénateurs. Le CS n’a pu survivre aussi longtemps que parce que la Finma lui a fait de larges concessions.

La BNS a elle ignoré le problème. Dans son rapport sur la stabilité financière on ne trouve aucune mention du fait que le CS se trouvait dans une situation très difficile au moins depuis 2019.

Les autorités n’ont aucun intérêt à tirer les leçons effectives de la déconfiture du CS, selon M. Ermotti. A la question de savoir si cela faut aussi pour le Département des finances, la BNS et la Finma, il a répondu «peut-être aussi». Finma et BNS sont «certainement coresponsables» de ce qui s’est passé avec le CS.

Pas question de retrait actuellement

A propos de son avenir, M. Ermotti a déclaré que la question de son retrait ne se pose pas. La situation reste aussi décisive qu’en mars 2023. Pour lui et le conseil d’administration, la question n’est pas de savoir si il part, mais quelle est la solidité d’UBS lorsqu’il la laissera.

Le Conseil des Etats a discuté du projet de règlementation jeudi passé, mais n’a pas encore pris de décision. La discussion se poursuivra mercredi, avec les propos de la ministre des finances Karin Keller-Sutter.

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