Transition écologique: le temps de l’investissement

Ken Van Weyenberg, Candriam

2 minutes de lecture

Energie, industrie et ressources: la transition écologique ouvre un nouveau cycle mondial d’investissement.

 

La transition écologique entre dans une nouvelle phase, davantage portée par le déploiement des capitaux, plutôt que par l’ambition politique. Après des années de sous-investissement dans l’énergie, l’industrie et les infrastructures de ressources, gouvernements et entreprises doivent reconstruire une partie de l’économie physique. Électrification, efficacité des ressources et résilience de l’eau nécessitent des investissements à grande échelle, dessinant un nouveau supercycle mondial d’investissement.

Contrairement aux phases antérieures de la transition, ce cycle d’investissement n’est plus uniquement porté par les subventions ou les engagements climatiques. Alors que les solutions environnementales deviennent plus compétitives en termes de coûts et que les contraintes en matière de ressources s’intensifient, l’économie justifie de plus en plus l’investissement à elle seule. Environ 5 trillions de dollars ont été déployés à l’échelle mondiale dans les infrastructures de transition énergétique entre 2020 et 20241, les investissements devant encore s’accélérer au cours de la prochaine décennie.

Un cycle d’investissement plus large

Les énergies renouvelables restent au cœur de la transition, mais le cycle d’investissement s’étend désormais bien au-delà de la production d’électricité elle-même:

  • L’électrification nécessite de nouvelles infrastructures de réseau, des équipements électriques, des systèmes de stockage et des technologies d’efficacité.
  • La circularité nécessite des investissements dans le recyclage, l’automatisation industrielle et les systèmes de gestion des déchets.
  • La sécurité de l’eau nécessite le traitement, le transport, la réduction des fuites, les réseaux intelligents et les technologies de réutilisation.

Ces systèmes sont de plus en plus interconnectés: la hausse de la demande d’électricité impose de développer et moderniser les réseaux; les contraintes sur les ressources poussent les entreprises à améliorer l’efficacité des matériaux; la pénurie d’eau accroît le besoin de systèmes réduisant la consommation et favorisant le recyclage. Ce cycle doit donc être appréhendé comme une réallocation du capital entre les fondations de l’économie mondiale.

De la pression environnementale à la performance opérationnelle

Le cycle des dépenses d’investissement modifie également la manière dont les entreprises perçoivent les investissements environnementaux. Les mesures qui étaient auparavant traitées principalement comme des coûts de conformité sont de plus en plus considérées comme des sources d'efficacité, de résilience et d'avantage concurrentiel.

Les entreprises qui adoptent des processus économes en énergie, des modèles économiques circulaires ou des technologies économes en eau peuvent réduire les coûts des intrants, limiter le risque lié à la chaîne d’approvisionnement et améliorer la continuité opérationnelle. Ceci est particulièrement pertinent dans les secteurs où un accès fiable à l’électricité, aux matériaux ou à l’eau devient une contrainte stratégique.

Pourquoi la sélection active est-elle importante?

Toutes les entreprises exposées à la transition n’en bénéficieront pas de la même manière. Comme lors des précédents cycles d’investissement dans les infrastructures et l’industrie, le positionnement concurrentiel et la discipline en matière de capital sont susceptibles de déterminer les sources de valeur.

Nous pensons que les opportunités les plus attrayantes devraient se trouver dans les entreprises qui combinent une demande structurelle et des fondamentaux solides: solutions évolutives, leadership technologique, pouvoir de fixation des prix, barrières à l’entrée élevées et gestion disciplinée du bilan. Dans certains domaines, la croissance devrait provenir de l’accélération de l’investissement. Dans d’autres, la valeur peut provenir de la résilience des marges, des revenus récurrents ou des contrats d’infrastructure à long terme.

Un moteur d’investissement à long terme

La transition écologique n’est plus seulement une question d’ambition. Il s'agit de plus en plus de mise en œuvre. Les systèmes énergétiques doivent être reconstruits, les processus industriels doivent devenir plus efficaces et les infrastructures de ressources doivent être modernisées.

Cela crée un cycle d’investissement de plusieurs décennies avec de larges implications pour l’allocation du capital. Pour les investisseurs à long terme, le supercycle des dépenses d’investissement représente une opportunité d’aligner les portefeuilles sur la transformation physique de l’économie mondiale et d’identifier les entreprises les mieux positionnées pour y parvenir.

 

1 Source: Agence internationale de l'énergie, World Energy Outlook 2025; analyse de Candriam

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