Les réalités géopolitiques le rappellent: la recomposition stratégique de l’Europe est devenue un impératif, afin de réduire ses dépendances dans des secteurs critiques, de renforcer sa compétitivité et son autonomie. Soutenue par de nombreux plans nationaux et européens, la thématique de la souveraineté européenne constitue une nouvelle mégatendance, multisectorielle, qui offre, selon nous, de robustes perspectives de croissance sur le long terme.
L’Europe dispose de leviers stratégiques pour renforcer son autonomie: une économie diversifiée, une épargne abondante – plus de 39'000 milliards d’euros1, mais majoritairement investis en dehors de notre économie – et la maîtrise de technologies de pointe. Sur le terrain de l’investissement, l’enjeu de souveraineté se double d’un enjeu de performance, auquel la gestion de conviction peut répondre. Des solutions innovantes permettent d’investir dans un des enjeux de notre siècle: la construction de fondations technologiques d’une Europe souveraine et compétitive.
La souveraineté technologique en actions
La capacité à maîtriser les chaînes critiques de valeur et à sécuriser les données est devenue clé. Pour assurer son autonomie stratégique, les besoins de l’Europe sont multiples et grandissants, qu’il s’agisse des boucliers de défense, des sites stratégiques, de la montée en puissance des outils d’IA, de la cybersécurité ou encore des drones… Dans le domaine de la défense, la montée en puissance des budgets publics et la nécessité de doubler la production des écosystèmes industriels européens supposent un effort massif de recapitalisation.
Pour capter en partie les opportunités de croissance structurelle liées à la souveraineté technologique européenne, nous identifions les leaders technologiques, qui concourent au renforcement de la souveraineté européenne dans les secteurs dont la croissance se nourrit de substantiels progrès technologiques. C’est le cas d’acteurs tels que les entreprises de semi-conducteurs, un marché mondial estimé à un trillion de dollars dès 2030, ou de la «Defense Tech», qui couvre notamment la cybersécurité, pilier de l’autonomie stratégique européenne, les équipements militaires, ainsi que la défense spatiale, dont le marché est estimé à 250 milliards de dollars dès 20352.
Defense Tech
Si les principaux acteurs de ce secteur sont aujourd’hui nord-américains, un groupe de champions européens émerge dans ce domaine. L’actuel conflit au Moyen-Orient démontre le besoin grandissant d’investir pour faire face aux guerres modernes. Cette accentuation des risques géostratégiques valide notre thèse de montée en puissance de la thématique de la souveraineté. Le besoin d’investir pour faire face aux guerres modernes se renforce: boucliers de défense des sites stratégiques, montée en puissance des outils d’IA, cybersécurité, drones. L’accélération de la hausse des dépenses liées à la défense en Europe stimule également des secteurs d’activités à la croisée des industries de la défense et du spatial.
BAE Systems, Thales, Safran, Avio ou Leonardo captent déjà cette inflexion historique et symbolisent la montée en puissance des industriels européens de la défense et de l’aéronautique. Ces groupes se positionnent aussi sur la cybersécurité, les drones et les technologies duales civilo-militaires, segments en croissance structurelle. A titre d’exemple, 55% du chiffre d’affaires de Thalès et 70% de l’Italien Avio sont aujourd’hui dédiés à des activités de défense. Avec des carnets de commandes bien fournis, ces fleurons pourraient devenir de nouveaux moteurs boursiers de l’Europe. Par ailleurs, l’accord noué par Airbus, Thales et Leonardo, pour créer un champion européen de la fabrication de satellites, renforcera la souveraineté du secteur spatial européen, des infrastructures et services liés aux télécommunications, à l’observation de la Terre ou la recherche.
Qu’elle soit physique (drones, semi-conducteurs) ou digitale (logiciels critiques, cyberarmes, cloud de défense), la technologie de défense est un enjeu porteur. Investir dans la technologie et les infrastructures européennes, c’est investir dans notre capacité collective à innover, à protéger et ainsi à rester souverains. Nous en sommes convaincus, orienter les capitaux vers les capacités d’innovation est un enjeu d’avenir, offrant des perspectives d’envergure.
1Eurostats - Households – «statistics on financial assets and liabilities» 2025
2World Economic Forum, 2024