Très faible croissance en zone euro au dernier trimestre 2019

Aline Goupil-Raguénès, Ostrum Asset Management

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Les statistiques attestent un ralentissement de la demande interne qui se révélait jusqu’à présent relativement résiliente.


©Keystone

La croissance de la zone euro a ralenti au dernier trimestre pour ne progresser que de 0,1%, contre 0,3% le trimestre précédent. Pour le moment, nous ne disposons pas du détail par composantes. Les chiffres nationaux disponibles montrent que la croissance de la zone euro a été affectée par les mauvaises performances de la France et de l’Italie.

En France, le PIB s’est contracté de 0,1%, après +0,3% au troisième trimestre, en raison principalement d’une contribution négative des stocks et d’une demande interne plus limitée. La consommation des ménages et l’investissement ont ralenti. La contribution du commerce extérieur a été nulle.

Le commerce extérieur a eu une contribution positive en Italie.

En Italie, la croissance s’est contractée de 0,3%, après +0,1% les trois trimestres précédents. Le détail n’est pas disponible, mais l’organisme de la statistique Istat indique que cela résulte d’une contribution négative de la demande interne. Le commerce extérieur a eu une contribution positive.

En Espagne, la croissance s’est en revanche accélérée à 0,5% au dernier trimestre contre 0,4% au trimestre précédent. Cette bonne performance n’est qu’une apparence. L’analyse des différentes composantes est beaucoup moins réjouissante.

Comme le montre le graphique ci-dessous, l’accélération de la croissance espagnole vient principalement de la contribution positive du commerce extérieur (0,9 point de pourcentage (pp)). Les exportations ont progressé et les importations se sont contractées, contribuant ainsi positivement à la croissance. Les stocks ont légèrement contribué à la croissance (0,1 pp).

En revanche, la demande interne a fortement pesé sur la croissance espagnole et ceci à hauteur de - 0,5 pp. Cela résulte de l’atonie de la consommation des ménages et surtout de la contribution très négative de l’investissement (- 0,6 pp). L’investissement a notamment été pénalisé par le recul de l’investissement dans la construction (-3,5%) et surtout dans celui des biens d’équipement (-5,7%). Les dépenses publiques ont contribué à hauteur de 0,1%.

Les chefs d’entreprises ont adopté un comportement plus prudent
en matière d’investissement à cause des tensions commerciales.

La croissance de la zone euro a ralenti au dernier trimestre, affectée notamment par la contraction du PIB de la France et de l’Italie. L’accélération de la croissance espagnole est à relativiser du fait de la contribution négative de la demande interne. Les chiffres disponibles en zone euro attestent un ralentissement de la demande interne qui se révélait jusqu’à présent relativement résiliente. Les chefs d’entreprises ont notamment adopté un comportement plus prudent en matière d’investissement face à l’incertitude élevée liée aux tensions commerciales. La consommation des ménages a également eu tendance à se modérer. Tout ceci plaide pour le maintien d’une politique monétaire très accommodante de la part de la BCE pendant longtemps.

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