Réunion de la Fed: de la patience, mais pas lieu de baisser la garde

Christian Scherrmann, DWS

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Comme l’inflation évolue latéralement plutôt qu’à la baisse, le débat sur un nouveau resserrement des taux est loin d’être clos.

Nous sommes à nouveau confrontés à cette question bien trop familière: est-ce la forte inflation ou le récent ralentissement du marché du travail qui sera déterminant pour la décision sur les taux d’intérêt en octobre? L’inflation reste certes supérieure à l’objectif de la Fed, mais elle ne semble pas s’accélérer de manière significative. Les données de septembre sur les prix à la consommation (IPC), les prix à la production (IPP) et les prix à l’importation indiquent globalement que le déflateur de la consommation sous-jacent – l’un des indicateurs d’inflation privilégiés par la Fed – devrait augmenter d’environ 0,3% par rapport au mois précédent, lorsqu’il sera publié à l’issue de la réunion de la banque centrale. Cela suggère que, sur une base annuelle, l’inflation stagne au lieu de s’accélérer ou de se rapprocher sensiblement de l’objectif fixé. La croissance de l’emploi a nettement ralenti en septembre et les chiffres des mois précédents ont été révisés à la baisse. Dans le même temps, la croissance des salaires en glissement annuel a reculé à 3,0% – son plus bas niveau depuis 2021 –, ce qui ne laisse pas entrevoir de pressions inflationnistes significatives. Le taux de chômage a augmenté pour atteindre 4,2%, mais le taux d’activité a progressé, de sorte que le marché du travail reste en situation de plein emploi. Ni l’inflation ni l’emploi ne fournissent de signal clair aux responsables de la banque centrale. Toutefois, la croissance des salaires s’essouffle et la situation sur le marché du travail se refroidit progressivement. Le marché du travail constitue donc ce mois-ci un argument solide, mais pas déterminant, en faveur d’une attitude attentiste.

Lors de l’une de ses rares interventions en dehors de la conférence de presse du FOMC, le président de la Fed, M. Warsh, ne s’est pas exprimé sur les perspectives de politique monétaire. Cela a été largement interprété comme un signe que la Fed maintiendra le statu quo – probablement dans la lignée de son «annonce» à Jackson Hole avant la dernière hausse des taux. Pourtant, d’autres représentants de la Fed continuent d’envoyer des signaux contradictoires. Le gouverneur Christopher Waller, par exemple, estime toujours que de nouvelles hausses des taux d’intérêt sont possibles, bien que la hausse des rendements des obligations d’Etat américaines rende les conditions de financement plus strictes. Le vice-président Philip Jefferson plaide pour la patience, tandis que la gouverneure Michelle Bowman ne voit guère d’urgence à agir. D’autres, dont Austan Goolsbee, Beth Hammack, John Williams et Susan Collins, craignent que l’inflation ne s’avère plus tenace que prévu. Cette diversité d’avis suggère qu’il existe un désaccord au sein même du comité quant à savoir si la politique monétaire est déjà suffisamment restrictive. Quoi qu’il en soit, les membres de la Réserve fédérale semblent s’être exprimés plus souvent ces derniers mois, et non moins souvent comme l’avait suggéré le président de la Fed, Warsh. Nous y voyons le signe d’un FOMC actif, ce qui, à notre avis, témoigne de l’indépendance de l’institution.

Dans l’ensemble, nous prévoyons que la Réserve fédérale américaine maintiendra ses taux inchangés en octobre tout en conservant une orientation «faucon». Certes, l’inflation reste à un niveau inquiétant, mais la combinaison d’une dynamique plus faible sur le marché du travail et d’anticipations stables concernant l’inflation PCE sous-jacente plaide en faveur de la patience. Une pause «haussière» dans la politique de taux semble donc plus probable qu’une nouvelle hausse des taux. Cependant, comme l’inflation évolue latéralement plutôt qu’à la baisse, le débat sur un nouveau resserrement est loin d’être clos.

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