Nous nous attendons à ce que la prochaine réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale, le FOMC, maintienne le taux directeur inchangé à 3,5–3,75%, en supprimant son biais accommodant sans pour autant adopter un biais restrictif. Nous ne prévoyons aucun désaccord sur la décision de taux, même s’il n’est pas totalement exclu (mais peu probable) que certains présidents régionaux de la Fed expriment une dissidence plus «hawkish» en faveur d’un biais restrictif dès cette réunion.
Nous anticipons la publication du «dot plot», probablement sans la contribution de Warsh, compte tenu de sa réticence à l’égard des indications prospectives. Nos attentes:
- Pas de baisse de taux en 2026, certains membres envisageant même des hausses.
- La projection pour 2027 devrait remonter à 3,375% (soit une baisse unique), voire plus.
- La projection à long terme serait également relevée à 3,375%, reflétant l’impact de l’IA et la résilience de l’économie à ces niveaux de taux.
- Il existe une faible probabilité que seule la fourchette ou la tendance centrale des projections soient publiées, plutôt que les contributions individuelles.
- Nous prévoyons que le «Summary of Economic Projections» fasse état d’une inflation nettement plus élevée, d’une croissance du PIB légèrement inférieure et d’un taux de chômage inchangé.
Conférence de presse – le vrai moment clé
Nous pensons que Warsh minimisera l’importance des indications prospectives, privilégiant une approche patiente concernant les taux et l’inflation — adoptant ainsi une posture plus «dovish» que ce qu’anticipe le marché. Bien que Warsh ait déjà défendu un agenda de réformes, des changements significatifs en matière de communication et de bilan devraient prendre du temps. Nous nous attendons à ce qu’il cherche d’abord à asseoir sa crédibilité avant toute évolution radicale. Les commentaires récents suggèrent que le «changement de régime» promis s’est jusqu’ici révélé «plus doux et plus mesuré que redouté». Concernant le bilan, nous anticipons qu’il évoquera la réduction à 10 milliards de dollars des RMP et des conditions de financement accommodantes, sans autre annonce majeure.
Risques – Incertitudes connues
- Mettre l’accent sur des mesures alternatives d’inflation plus faibles et plaider fortement pour la désinflation serait perçu comme «dovish» pour les taux, mais pourrait soulever des questions de crédibilité.
- Si Warsh ouvre la porte à des hausses de taux et ne conteste pas les attentes de marché (+17 points de base d’ici la fin de l’année), cela pourrait être interprété comme un signal «hawkish».
- Le risque de maladresses lors de sa première conférence de presse est élevé, ce qui pourrait être mal perçu par les marchés.