Plus forte croissance du PIB suisse depuis 2021

Marc Brütsch, Swiss Life Asset Managers

2 minutes de lecture

Le Seco évalue la croissance en hausse à 1,5% au deuxième trimestre 2026, principalement grâce à la solide production dans la chimie et la pharma. Swiss Life relève nettement sa prévision pour l’ensemble de l’année 2026.

Conjoncture

Selon l’estimation rapide du PIB réel de la Suisse («PIB flash») du Seco (Secrétariat d’Etat à l’économie), l’économie suisse a progressé de 1,5% au deuxième trimestre 2026. La croissance a donc été bien plus forte que prévu. Cette estimation du Seco relève de la statistique expérimentale et repose sur les données disponibles selon l’approche par la production. Elle renseigne donc sur l’origine de la croissance, qui est principalement due à la forte hausse de la production des secteurs chimique et pharmaceutique. Le 3 septembre, les données obtenues selon l’approche par la dépense permettront de savoir où s’est écoulée cette production accrue (consommation intérieure, exportations, investissements ou reconstitution des stocks). Ce n’est qu’alors qu’il sera possible de mieux cerner la qualité et la durabilité de cet élan de croissance. Il reste notamment à déterminer si la forte production pharmaceutique s’explique par de nouveaux effets d’anticipation, les entreprises craignant d’éventuelles mesures douanières américaines. On peut toutefois considérer que la conjoncture intérieure continuera d’être soutenue par la politique monétaire expansionniste de la BNS. Pour l’instant, les données disponibles nous amènent à relever nettement notre prévision de croissance pour l’ensemble de l’année 2026. Le rythme soutenu du deuxième trimestre ne devrait toutefois pas se maintenir.

Toujours pas de pression inflationniste

La croissance économique observée récemment dépasse notre estimation du potentiel de croissance de l’économie suisse. Si la demande intérieure devait poursuivre sa progression au même rythme, il en résulterait des signes de surchauffe. Dans un tel scénario, les risques inflationnistes devraient être pris en compte. Toutefois, nous n’en observons toujours pas. Les effets de second tour en réaction à la hausse des prix de l’énergie ne se manifestent pour l’instant ni chez les producteurs, ni chez les consommateurs.

Actions

La solide saison des résultats porte les marchés

Suisse

  • Le marché suisse a sous-performé en août, en raison du repli de Nestlé et des titres d’assurance

Zone euro

  • Les titres de l’UEM sous-performent le marché américain en août, mais seulement en devise locale.
  • Comme aux Etats-Unis, l’UEM a connu l’une de ses meilleures saisons des résultats. En revanche, cela n’est pas dû aux titres liés à l’IA.

Etats-Unis

  • Les solides résultats, notamment ceux liés à l’IA, ont porté le rebond du marché américain en août.
  • Les résultats trimestriels ont battu le record de 2021, et 2026 est l’une des rares années où les prévisions ont été revues à la hausse au fil de l’année (voir article à droite).
  • Ecart important entre le ratio P/E actuel, à environ 26, et le ratio prévisionnel, à environ 20.

Marchés émergents

  • Comme aux Etats-Unis, les titres liés à l’IA se sont redressés en août (en USD), aidant le marché à gagner 3,6%.
  • L’excellente saison des résultats a entraîné des valorisations très faibles sur les marchés émergents. Le ratio P/E actuel est d’environ 15,0, alors que le ratio prévisionnel à seulement 9,2.
  • Il est à noter que les valorisations de sociétés clés telles que SK Hynix, Samsung et Taiwan Semiconductor restent faibles. SK Hynix se négocie à un ratio cours/bénéfice actuel/prévisionnel de 7,4/3,6, tandis que Samsung se négocie à 11,3/4,0. Taiwan Semiconductor se négocie à 28,0/18,5. Ces valorisations suggèrent que les investisseurs doutent de la durabilité des marges et des bénéfices des titres coréens liés à l’IA.

Royaume-Uni

  • Le marché britannique montre ses traits défensifs et sous-performe en août.

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