Les fondamentaux de crédit continueront de s’améliorer

Mark Holman, TwentyFour Asset Management

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Les chiffres des défauts du haut rendement américain au cours des cinq premiers mois de cette année n’ont pas été aussi bas depuis 2011.


©Keystone

Aussi frustrant que cela puisse être pour les investisseurs en quête d’obligations, les données semblent pleinement justifier les valorisations élevées que nous observons actuellement sur de nombreux segments du marché. Cela n’aurait vraiment aucun sens de parvenir à acheter des obligations bon marché dans des conditions aussi favorables. Mais pour autant, cela ne devrait pas nous dissuader d’acheter ce que nous pensons être de bonnes obligations, aussi chères soient-elles, dans la mesure où, compte tenu de la solidité des fondamentaux, les chances de sélectionner les gagnants sont généralement supérieures à la moyenne, notamment sur les segments les moins bien notés des marchés du crédit.

Les notations soutiennent la baisse des taux de défaut

Les taux de défaut ont chuté par rapport à leurs niveaux d’il y a un an et n’ont jamais atteint, de près comme de loin, les sommets attendus au début de la pandémie. Le taux de défaut glissant sur 12 mois des obligations à haut rendement américaines a touché le mois dernier un nouveau point bas à 3,07% (1,19% si l’on exclut l’énergie) et le niveau incroyablement bas de 1,96% pour les prêts (1,68% hors énergie). En fait, les chiffres des défauts du haut rendement américain au cours des cinq premiers mois de cette année n’ont pas été aussi bas depuis 2011 et alors que les défauts déclenchés par la pandémie s’estomperont dans les prochains mois, le taux sur douze mois devrait chuter au second semestre pour s’établir à 2%, voire moins. 

L’heure est à la sélection d’obligations pour les analystes crédit.

Par ailleurs, les tendances des notations continuent de soutenir la baisse des taux de défaut. Selon l’agence Moody’s, le rapport entre les relèvements et les dégradations de notation augmente à travers le monde, y compris au Royaume-Uni qui compte 2,4 relèvements pour une dégradation au T2, un niveau qui n’a été dépassé qu’un seul trimestre sur l’ensemble de la dernière décennie. En Europe, l’évolution est similaire, mais elle est encore plus marquée aux Etats-Unis, où il y a désormais 3,8 relèvements pour une dégradation au T2, soit le meilleur trimestre de la dernière décennie. L’heure est à la sélection d’obligations pour les analystes crédit.

Il faut conserver une exposition, mais rester prudent

Compte tenu des nombreuses mesures de relance à venir et de la forte croissance mondiale attendue au S2, ces conditions extrêmement favorables devraient perdurer et, selon nous, des opportunités de gains subsistent dans le crédit malgré les valorisations actuelles. En conséquence, nous estimons qu’il est judicieux de conserver une exposition à cette dynamique tout en restant à l’affût de l’évolution plus incertaine de l’inflation qui pourrait pénaliser les rendements si les courbes de taux renouaient avec les tendances baissières de la pentification observées au T1.

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