Malgré les conflits géopolitiques, la résurgence des tensions inflationnistes et une forte correction du marché obligataire, l’économie américaine a fait preuve d’une résilience remarquable. La solidité des bilans des ménages et des entreprises, le maintien du soutien budgétaire et la forte croissance des bénéfices ont contribué à apaiser les inquiétudes suscitées par les orientations de politique économique. À l’approche des élections de mi-mandat du 3 novembre aux États-Unis, l’attention se porte désormais sur la capacité de l’administration à poursuivre son programme politique. La question est de savoir si elle conservera les moyens de le mettre en œuvre ou si l’émergence d’un gouvernement divisé viendra freiner ses nouvelles initiatives. Les investisseurs devraient avant tout chercher à déterminer dans quelle mesure une réorientation des politiques publiques pourrait affecter les fondamentaux économiques et ceux des marchés, plutôt que de se laisser distraire par le tumulte politique.
Les orientations politiques ont leur importance
Les élections de mi-mandat de cette année constitueront un test important pour la conduite des politiques publiques aux États-Unis. Depuis son retour au pouvoir, le président Trump bénéficie du contrôle des deux chambres du Congrès par les républicains. Cette configuration a permis à son administration de faire avancer les principales mesures de son programme législatif, malgré des majorités étroites et de fréquents obstacles de procédure. Les élections de mi-mandat détermineront si cette configuration se maintiendra durant les deux dernières années du mandat présidentiel ou si l’émergence d’un gouvernement divisé freinera l’adoption de nouvelles mesures.
Dans ce dernier cas, les blocages législatifs limiteraient probablement les possibilités de réformes majeures, sauf dans les domaines faisant l’objet d’un consensus bipartite. Une Chambre des représentants à majorité démocrate limiterait également la capacité de l’administration à faire adopter de nouvelles mesures partisanes en matière de fiscalité et de dépenses publiques durant les deux dernières années de son mandat. Le recours aux décrets présidentiels et aux mesures réglementaires prendrait alors plus d’importance pour mettre en œuvre ses politiques.
La composition du Congrès influencera incontestablement les politiques sectorielles, notamment dans des domaines particulièrement controversés comme la santé. Toutefois, les résultats électoraux ne devraient pas, à eux seuls, modifier sensiblement les perspectives économiques ou celles des marchés dans leur ensemble. Pour les investisseurs, l’essentiel n’est donc pas tant de savoir quel parti contrôlera le Congrès que d’évaluer l’incidence réelle des changements de politique publique sur la croissance économique, l’inflation, les bénéfices des entreprises et les autres déterminants fondamentaux du prix des actifs financiers.
Les élections de mi-mandat influenceront le débat politique, mais l’histoire montre qu’elles constituent un indicateur peu fiable de la performance globale des marchés. Historiquement, la croissance économique, les bénéfices des entreprises et les conditions financières ont pesé bien davantage sur les rendements des marchés que les résultats électoraux. À mesure que l’incertitude politique se dissipera après le scrutin, les marchés devraient de nouveau privilégier les fondamentaux au détriment de l’actualité électorale.
L’histoire confirme le rôle déterminant des fondamentaux
Historiquement, les années d’élections de mi-mandat ont affiché les rendements les plus faibles du cycle présidentiel, avec une progression moyenne du S&P 500 de 7,1% depuis 1928. Les performances ont toutefois été très contrastées. Certains des rendements les plus faibles ont été enregistrés durant des périodes de graves difficultés économiques, tandis que plusieurs des plus élevés ont coïncidé avec l’expansion économique de l’après-guerre, dans les années 1950. Ces écarts suggèrent que la conjoncture économique a joué un rôle bien plus important que le calendrier politique lui-même.
L’évolution récente des marchés vient conforter ce constat. Malgré les incertitudes entourant les politiques publiques, les tensions commerciales, les conflits géopolitiques et les épisodes de volatilité observés depuis l’investiture du président Trump, les actions américaines ont fait preuve de résilience. En définitive, les investisseurs ont davantage tenu compte de la croissance des bénéfices, de l’activité économique et des conditions financières que de l’actualité politique.
La dynamique actuelle des marchés des actions confirme largement un enseignement de l’histoire: les fondamentaux économiques jouent un rôle plus déterminant dans la performance boursière que les événements politiques. Malgré les fortes incertitudes entourant les politiques publiques, les tensions commerciales, les conflits géopolitiques et les épisodes récurrents de volatilité depuis l’investiture du président Trump, les marchés des actions ont fait preuve d’une résilience remarquable.
La solidité des bilans des ménages et des entreprises, le maintien du soutien budgétaire, la forte croissance des bénéfices et l’engouement persistant pour les investissements liés à l’intelligence artificielle ont contribué à contrebalancer les inquiétudes concernant les orientations politiques. Si les événements politiques ont parfois provoqué des replis boursiers, ces épisodes ont généralement été de courte durée, les investisseurs recentrant leur attention sur les fondamentaux économiques et les résultats des entreprises. Depuis 1938, le S&P 500 n’a jamais enregistré de baisse sur les douze mois suivant une élection de mi-mandat. Fait peut-être plus remarquable encore, la performance des marchés depuis la seconde investiture de Donald Trump a globalement suivi une trajectoire comparable à celle observée durant son premier mandat.
Prendre du recul par rapport aux élections
Pour les investisseurs, le message est clair. Si l’actualité électorale peut provoquer des épisodes de volatilité à court terme, la performance des marchés à moyen terme devrait dépendre bien davantage de l’évolution de la croissance économique, de l’inflation, de la politique monétaire de la Réserve fédérale et des bénéfices des entreprises que de la composition exacte du Congrès après les élections de novembre.
Historiquement, les marchés ont enregistré de bonnes performances au cours de l’année suivant les élections de mi-mandat, à mesure que l’incertitude politique se dissipait et que l’attention se reportait sur les perspectives économiques. Les élections influenceront le débat politique et pourraient créer des opportunités et des risques propres à certains secteurs. La croissance économique, les bénéfices des entreprises et les conditions financières devraient néanmoins rester les principaux déterminants des rendements des marchés.
À moyen terme, la performance des marchés devrait dépendre bien davantage de l’évolution de la croissance économique, de l’inflation, de la politique monétaire de la Réserve fédérale et des bénéfices des entreprises. En l’absence de dégradation significative de la croissance économique, des bénéfices des entreprises ou des conditions financières, les élections de mi-mandat ne devraient pas, à elles seules, modifier la tendance générale du marché des actions américain.