Donald Trump ne mènera pas d’attaque contre l’Iran avant les élections de mi-mandat début novembre. Les derniers sondages montrent en effet que l’avance des Démocrates ne cesse de se creuser, y compris dans des états fermement ancrés historiquement dans le giron républicain. Le mécontentement des américains est alimenté par la hausse des prix de l’essence et du diesel, lesquels devraient rester à des niveaux élevés en dépit des réductions de taxes annoncées cette semaine en raison de la destruction de nouvelles capacités de raffinage et surtout de la remontée du prix du pétrole physique (136 dollars).
Si cette dernière pourrait surprendre au premier abord, cette dynamique s’explique par l’envolée des coûts intermédiaires pour exporter depuis le Moyen-Orient (coût du transport +1000%, prime d’assurance, salaires). Ainsi, même en l’absence d’escalade militaire, la persistance du conflit alimente une remontée structurelle des prix de l’énergie, laquelle entretient les pressions inflationnistes comme l’ont soulignées les minutes des réunions de la BCE et de la Fed cette semaine. Le cycle de resserrement monétaire de ces dernières n’est donc probablement pas terminé mais soulignons tout de même que les récentes prises de parole des banquiers centraux reflètent un ajustement de leur posture dans un sens légèrement plus accommodant.
Plusieurs membres de la Fed militent en effet pour une pause en octobre en attendant de recevoir davantage de statistiques économiques, tandis que les membres de la BCE ont mis en avant l’absence à ce stade d’effets de second tour sur l’inflation. La déclaration la plus importante de la semaine est cependant celle de Christine Lagarde indiquant que l’institution avait les moyens de répondre à des turbulences sur les marchés financiers, une référence claire à la flambée des taux souverains européens et français en particulier. A ce titre, la conférence de presse du Rassemblement National a également rassuré les investisseurs dans la mesure où le parti a montré qu’il prenait au sérieux le sujet budgétaire et surveillait les tensions sur la dette française, ce qui a suffi à réussir l’exercice de communication en dépit de propositions économiques relativement peu crédibles.
Nous estimons que les pressions haussières sur l’écart de taux entre la France et l’Allemagne devraient désormais s’atténuer et restons plus globalement acheteurs de duration en privilégiant les maturités courtes et intermédiaires compte tenu des attentes déjà importantes en termes de hausses des taux directeurs. Nous restons également positifs concernant les marchés d’actions à l’aube d’une saison de résultats qui devrait confirmer encore une fois l’excellente santé financière des entreprises, en particulier celles liées à l’IA.