La perspective d'un No-Deal Brexit était au plus haut au printemps

DWS

1 minutes de lecture

Graphique de la semaine de DWS. Beaucoup de preuves indiquent maintenant que le Parlement aura les moyens d’éviter un divorce sans accord.


©Keystone

Ces dernières années, la livre sterling (GBP) a été fortement influencée par la perception du risque politique. Le soulagement qui a suivi le référendum écossais sur l'indépendance en 2014 s'est avéré de courte durée. En 2016, le Royaume-Uni a surpris tout le monde en votant (de justesse) sa sortie de l'Union européenne (UE). Depuis, la livre a souffert, à chaque fois que les investisseurs ont craint un «Brexit désordonné». 

Cependant, dans une perspective à plus long terme, la dépréciation de la livre sterling par rapport à l'euro au cours des dernières semaines n'a pas été très marquée, comme le montre notre graphique de la semaine ci-dessous. L’intimidation de Boris Johnson, le nouveau Premier ministre, et son équipe, qui ont annoncé que le Royaume-Uni quitterait l'UE sans un accord, a fait des dégâts, mais de façon relativement modeste. Cela peut s’expliquer par le fait que beaucoup de risques ont déjà été pris en compte après le référendum. Bien sûr, les choses peuvent empirer pour la livre dans les semaines à venir. Le retour du Parlement après la pause estivale n'est prévu que le 3 septembre. D'ici là, de nombreux scénarios plus ou moins plausibles seront sans doute évoqués par M. Johnson et ses alliés, sur la façon dont un No-Deal Brexit peut être mis en place, en contrant la résistance parlementaire. 

Le moment est peut-être venu pour un «Keep calm and carry on».

Selon nous, le risque d'un Brexit sans accord a atteint son paroxysme au printemps. Au début de l'année, nous étions très inquiets de voir à quel point la plupart des observateurs semblaient optimistes quant à la conclusion d'une entente quelconque à la Chambre des communes. En janvier dernier, nous écrivions: «Méfiez-vous de la complaisance du Brexit». Dans le même ordre d'idées, nous pensons que le moment est peut-être venu pour un «Keep calm and carry on», comme l'indique le célèbre slogan de la guerre. Selon la Constitution britannique, qui n'est en grande partie pas écrite, la souveraineté appartient fermement au Parlement, et ce, depuis des centaines d'années. Comme l'a souligné Vernon Bogdanor, éminent chercheur, dans ses récents travaux sur le sujet, «Jusqu'en 1975 (....) la Constitution britannique ne connaissait rien du peuple»1. Il ne sera pas facile d'empêcher un No Deal, mais cela est tout de même possible, si le Parlement est déterminé. Contrairement à la situation du printemps, il y existe maintenant beaucoup de preuves montrant que le Parlement aura à la fois les moyens et la volonté de le faire.

 

1 Bogdanor, V. (2009), The New British Constitution, Hart Publishing, p. 172

A lire aussi...