La correction la plus rapide de l'histoire, que faire maintenant?

Andreas Ruhlmann, IG Bank

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Le S&P500 a connu la correction la plus rapide de son histoire (-10% en six séances), dépassant celle du Lundi noir d'octobre 1987.

Avant cette récente correction, les indices indiquaient un excès d’optimisme, proche d’une tendance parabolique. Les indices américains, notamment, ayant augmenté dans les mêmes proportions qu’en 2016/2018, mais sur une période deux fois moindre. En outre, la période 2016-2018 avait été marquée par un marché haussier sain soutenu par une croissance mondiale synchronisée, ce qui peut difficilement être soutenu dans les conditions actuelles du marché. Alors que la production américaine commençait à peine à se remettre de la guerre commerciale avec la Chine et que la croissance restant faible en Europe, l’arrivée du coronavirus pourrait sérieusement retarder la reprise de la croissance mondiale que les marchés attendaient avec tant d'impatience pour la fin de 2020. Il s'agit d'un réveil brutal, et comme toujours dans ces cas-là, la grande majorité ne s'y attend pas, ce qui entraîne des mouvements de panique.

Est-il temps de faire marche arrière?

Si les mesures monétaires ou fiscales peuvent tenter de rétablir la confiance, l'impact sur les marchés pourrait être de courte durée. Les outils de la banque centrale, tels que la réduction des taux ou l'injection de liquidités, peuvent s'avérer utiles à un stade ultérieur, mais n'auront que peu d'effets pour mettre fin aux craintes de pandémie. La patience est le mot clé aujourd'hui. Le nombre de nouveaux cas a atteint un pic en Chine avant de décélérer, et l'épidémie commence à se propager dans le reste du monde, d'où la nécessité de s'attendre à une ou deux semaines supplémentaires de nouvelles négatives et de marchés volatils.

Si le coronavirus devrait très probablement avoir un impact temporaire sur l'économie mondiale, l'ampleur et la durée de cet impact restent incertains. L'activité chinoise s'est fortement ralentie, les ventes d’immobilier dans les 30 grandes villes ayant baissé de près de 90% par rapport à l'année dernière sur le mois suivant le Nouvel An.

Comme de plus en plus de personnes restent chez elles, les voyages et les événements de grande envergure pouvant être annulés, la consommation mondiale pourrait être fortement touchée, ce qui aurait un impact négatif sur les bénéfices des entreprises. Les grands groupes technologiques tels qu'Apple et Microsoft ont déjà averti qu'elles n’atteindraient pas leurs objectifs de vente, en raison du ralentissement de la demande et des perturbations de la chaîne d'approvisionnement, et ces avertissements ont eu lieu avant la récente propagation du virus hors de Chine. De nouvelles révisions à la baisse sont à craindre, et les investisseurs resteront probablement prudents jusqu'à la prochaine publication trimestrielle en avril.

En général, une phase de correction dure au moins 10 à 15 jours ; nous en sommes au sixième jour et il n'y a pas de signes techniques de basculement pour le moment. De plus, le positionnement des fonds communs de placement en actions est encore loin des creux de 2018/2019 et des niveaux d'avant la crise. 

Il est probablement trop tôt pour acheter, mais pas trop tard pour vendre. Certaines actions se sont tellement bien comportées au cours des 18 derniers mois qu'il n'est pas difficile de prendre un coup près de 10%.

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