L’unité helvétique, pilier de Credit Suisse

Yves Hulmann

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En 2019, la division «Swiss Universal Bank» a contribué à elle seule à plus de la moitié du bénéfice avant impôts du groupe.


Thomas Gottstein, nouveau CEO de Credit Suisse. ©Keystone

Dernier tour de piste jeudi pour Tidjane Thiam, le directeur sortant de Credit Suisse, qui est remplacé depuis ce vendredi par Thomas Gottstein, jusqu’à présent à la tête des activités helvétiques. Devant les médias à Zurich, le franco-ivoirien n’a rien dévoilé de nouveau à propos des raisons qui l’ont poussé à démissionner suite à l’affaire des filatures de plusieurs hauts cadres de la banque. L’ex-directeur de Prudential a plutôt mis profit la présentation des chiffres annuels de 2019 de l’établissement pour dresser le bilan des cinq années qu’il a passé à la tête du numéro deux bancaire helvétique.

Tidjane Thiam n’a pas manqué de souligner le redimensionnement
approprié des activités de l’établissement.

Dans cet exercice, Tidjane Thiam n’a pas manqué de souligner notamment le redimensionnement approprié («right-sizing») des activités de l’établissement et la réduction des risques («de-risking») opérée dans la banque d’affaires. «Nous avons mené la banque à un endroit où nous sommes moins dépendants des variations de l’économie mondiale», a résumé le directeur sortant de Credit Suisse.

Afflux net d’argent frais record

Premier constat: le set de résultats dévoilé jeudi a été, dans l’ensemble, conforme aux attentes des analystes, en dépit d’un quatrième trimestre jugé quelque peu décevant. Le bénéfice net de 3,42 milliards de francs, en hausse de 69% sur un an, a certes largement été porté par deux effets uniques favorables. A savoir, d’une part, la réévaluation des placements en actions dans SIX Group et, d’autre part, le transfert de la plateforme de fonds InvestLab à Allfunds Group. Cela a été aussi le cas pour le résultat avant impôts du groupe situé à 4,72 milliards (contre 3,37 milliards en 2018). Même sans tenir compte de deux effets uniques, contrebalancé en partie par des charges pour litiges, le bénéfice avant impôts aurait atteint près de 4,3 milliards (+18% par rapport à 2018).

Les activités helvétiques restent toujours
la première source de revenus pour Credit Suisse.

Parmi les autres chiffres clés du groupe les plus suivis, les afflux nets de capitaux ont dépassé les 79 milliards de francs l’an dernier, soit «un niveau record depuis 2013», comme l’a souligné Credit Suisse, portant sa base d’actif à un autre niveau record de 1507 milliards à fin 2019, en hausse de 12% sur un an. Le niveau de capitalisation du groupe a aussi été renforcé: le ratio CET1 s’est légèrement amélioré à 12,7% l’an dernier (12,6% en 2018), tout comme cela été le cas pour le ratio de fonds dits «durs» («Tier 1 leverage ratio») en hausse à 5,5% à fin décembre (5,2% à fin 2018).

Swiss Universal Bank: bénéfice avant impôts de 2,7 milliards en 2019

Deuxième constat: indépendamment des ajustements effectués en matière de stratégie au sein du groupe au fil des années, des fluctuations des marchés et des contraintes en matière de fonds propres, les activités helvétiques restent toujours la première source de revenus pour Credit Suisse.

En 2019, la Swiss Universal Bank (SUB) a réalisé à elle seule un bénéfice avant impôts de 2,7 milliards de francs (+27%), ce qui représente environ 57% du résultat avant impôt total de 4,7 milliards. Même sans tenir compte de l’impact positif de deux gains exceptionnels (transfert d’InvestLab, réévaluation de SIX), le bénéfice avant impôts aurait atteint 2,3 milliards (+8% sur un an), représentant dans ce cas aussi plus de la moitié du résultat avant impôts du groupe sur une base ajustée. Pour rappel, en 2015, l’unité helvétique, qui avait alors été rebaptisée Swiss Universal Banks (SUB) et dont une cotation en bourse séparée était même envisagée, se donnait pour objectif de réaliser un bénéfice avant impôts de 2,2 milliards de francs à l’horizon 2018.

Les activités de gestion de fortune
internationales ont poursuivi leur progression.

Troisième constat, les activités de gestion de fortune internationales (International Wealth Management, IWM) ont poursuivi leur progression l’an dernier, générant un bénéfice avant impôts de 2,1 milliards (+25%), ce qui en fait la deuxième unité la plus rentable du groupe. Elle est suivie par la division Global Markets avec un résultat avant impôts de 956 millions de francs en 2019 (154 millions en 2018), tandis que l’unité se rapportant à l’Asie Pacifique y a contribué à hauteur de 902 millions (+36%).

La structure organisationnelle du groupe maintenue

Côté stratégie, Thomas Gottstein mise sur la continuité. Déclarant avoir un grand respect au vu des «énormes responsabilités» qui l’attendent dans sa nouvelle fonction, le directeur de l’unité suisse a précisé d’emblée qu’il ne voulait pas changer de stratégie, ni modifier la répartition des unités au sein du groupe.

Pour la suite de l’exercice, le directeur sortant Tidjane Thiam a évoqué avant de s’en aller un «très bon début d’année» dans toutes les divisions du groupe, se déclarant ainsi «optimiste» quant aux perspectives pour l’année en cours». Un message qui semble avoir rassuré les investisseurs: après une ouverture en baisse en matinée, l’action de Credit Suisse a clôturé la séance de jeudi dans le vert dans un marché en léger repli.

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