Investissements ISR et marchés volatils

Salima Barragan

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Luc Olivier de La Financière de l'Echiquier relève que les entreprises ESG les mieux notées ont fait preuve de résistance face à la crise sanitaire.

Dans un précédent article (ISR et performance boursière), LFDE avait tiré comme conclusion de son étude «ISR et Performance» portant sur 10 ans, que la convergence des trois critères ESG est la meilleure source de performance. A la fin du premier trimestre 2020, l’équipe de gestion a mis à jour son étude en y incluant le dernier trimestre baissier. Certaines conclusions sont étonnantes. Le point avec Luc Olivier, analyste financier et ISR.

DES INVESTISSEMENTS PAS MOINS RISQUéS

De 2010 à 2019, longue phase haussière sur les marchés, le bêta d'un portefeuille composé des 40 valeurs les mieux notées sur des critères ESG était légèrement inférieur à 1. Soit une corrélation légèrement plus modérée que le marché. Cependant, sur le premier trimestre 2020, hautement volatil, le bêta dépassait 1. En d’autres termes, les placements ESG deviennent plus offensifs dans les environnements de marché difficiles. L’étude révèle aussi que l’indicateur de risque ne diffère que très peu entre le portefeuille ESG des 40 valeurs les mieux notées et celui des 40 valeurs ESG les moins bien notées.

«Les flux d’achats sur le premier trimestre 2020
ont atteint 30 milliards d’euros alors qu’ils s’élevaient à 100 en 2019.»
DE MEILLEURES PERFORMANCES

Comme corolaire, la performance des stratégies ISR a surperformé les indices classiques de quelques points sur les trois premiers mois de la même façon que lors de la période haussière observée. «Il s’agit d’un signal très fort dans une période qui comprend un krach boursier», relève Luc Olivier. 

RéSILIENCES DES INVESTISSEMENTE ESG

La qualité des bilans des entreprises composant le portefeuille modèle, une bonne identification des risques extra-financiers ainsi que les flux d’achats vers les investissements ESG expliqueraient, d’après l’étude, la bonne résilience des investissements ESG au premier trimestre. «Les flux d’achats sur le premier trimestre 2020 ont atteint 30 milliards d’euros alors qu’ils s’élevaient à 100 en 2019», souligne Luc Olivier. Notons aussi que les investissements ESG, excluant généralement les sociétés pétrolières, n’ont pas été affecté par la chute du secteur.

Les entreprises les mieux notées ont mieux anticipé et géré les risques
sociaux et sanitaires de leurs clients et collaborateurs.
IDENTIFICATION DE RISQUES EXTRA-FINANCIERS

L’étude relève aussi que les entreprises les mieux notées ont mieux anticipé et géré les risques sociaux et sanitaires de leurs clients et collaborateurs, leur permettant ainsi de mieux résister et de rebondir plus rapidement que les autres sociétés paralysées par la crise sanitaire. 

BONNE TENUE DES SMID

Enfin, l’équipe de gestion s’attendait à voir les petites et moyennes capitalisations - généralement moins bien notées par les grandes agences - sous-performer. «Pénalisées par leurs ressources modestes, elles n’ont pas toujours la possibilité de communiquer sur leur politique RSE, alors que certaines sont très matures», explique Luc Olivier. L’étude démontre au contraire que le marché ne se trompe pas. Il a plébiscité les entreprises les plus responsables, c’est-à-dire celles dont une analyse ESG approfondie permet de révéler la qualité, au-delà de leur manque de transparence.

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