Conjoncture et marchés en sortie de crise

Franz Wenzel, AXA IM

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«2020 sera marquée par une forte récession, qui pourrait toutefois avoir atteint son plancher au deuxième trimestre», explique Franz Wenzel.

La pandémie de Covid-19 n’est de loin pas terminée, comme l’indique la recrudescence récente de nouvelles infections aux USA. Toutefois, la priorité dans la plupart des régions est désormais de gérer de la meilleure manière possible la sortie de crise. La situation conjoncturelle s’y prête bien, explique Franz Wenzel, stratège en placement chez AXA Investment Managers (AXA IM): «2020 sera marquée par une forte récession, qui pourrait toutefois avoir atteint son plancher au deuxième trimestre. Le second semestre semble par contre prometteur: Des mesures conjoncturelles surdimensionnées en matière de politique fiscale permettent d’espérer et pourraient soutenir une solide croissance en 2021». Certes, la récession va encore occuper la une, mais les marchés pourraient s’appuyer sur les effets ininterrompus de la politique monétaire et fiscale. «Les titres risqués en tirent parti – ainsi que les signes embryonnaires d’une embellie», ajoute M. Wenzel.

Jusqu’à maintenant, la politique monétaire et fiscale a su contrer les revers grâce à des mesures conjoncturelles sans cesse renouvelées. La Réserve fédérale s’en tient à sa stratégie du «coûte que coûte» pour stabiliser les marchés et entreprises. La Banque centrale européenne a elle aussi pris des mesures à large échelle et lancé un vaste programme d’achat PEPP afin de limiter les dégâts. «La politique monétaire et fiscale évolue dans de nouvelles dimensions, mais ne peut être poursuivie indéfiniment sous cette forme», affirme M. Wenzel. Il précise que l’évolution sur le marché du travail et l’endettement des entreprises seront des facteurs importants pour la deuxième phase, au cours de laquelle les incitations monétaires et fiscales seront moindres. «Toutefois, nous estimons actuellement que la croissance globale en 2021 sera de quelque 6%, avec 4,5% aux USA, 6% dans la zone euro et 8% en Chine», précise M. Wenzel.

Des premiers signaux positifs dans des indicateurs avancés plaident aussi en faveur d’un retour de la croissance. Ainsi, les chiffres pour le logement et les ventes du commerce de détail, de même que des indicateurs avancés pour l’industrie manufacturière aux USA, semblent indiquer que le pire est passé. La Chine est le pays le plus avancé. Divers indicateurs avancés ont déjà repassé au vert, par exemple la production automobile et sidérurgique, qui est en phase expansive. L’assouplissement des mesures de confinement a aussi des effets positifs sur la demande dans la zone euro.

Par conséquent, M. Wenzel privilégie des titres risqués pour sa stratégie de placement également. Il conseille de surpondérer les actions. Pour étayer son analyse, il renvoie aux liquidités excédentaires, qui résultent de la politique monétaire expansive, et aux espoirs naissants de reprise conjoncturelle. «De plus, la dynamique bénéficiaire semble se stabiliser, et les évaluations sont conformes aux attentes», ajoute l’expert. En matière d’obligations, M. Wenzel préfère les emprunts d’entreprises de niveau «investissement» aux emprunts à fort rendement (high yield). Pour ce qui est des emprunts d’Etat, il s’attend plutôt à des mouvements latéraux.

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