BCE: une hausse de 25 points de base avant une pause prolongée

Mabrouk Chetouane et Romain Aumond, Natixis IM

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La zone euro confrontée à un choc inflationniste modéré, sans signe de persistance à ce stade.

Le comité de politique monétaire de la Banque Centrale Européenne ce jeudi devrait, sans surprise, voir l’institution relever ses taux directeurs de 25 bps, portant le taux de dépôt à 2,5%. Si cette anticipation est totalement intégrée par le marché, nous estimons que la teneur du discours de Christine Lagarde ainsi que les projections trimestrielles devraient affirmer un rééquilibrage de la balance des risques sur le scénario d’inflation de moyen-terme. Le marché anticipe quant à lui encore deux hausses de taux supplémentaires, une en décembre et une d’ici la fin du premier semestre 2027.

Nous considérons que les risques asymétriques à la hausse sur l’inflation et à la baisse en matière d’activité seront réajustés sur la base d’une absence de diffusion du choc énergétique sur l’inflation sous-jacente (biens manufacturés et services) et d’un cycle des affaires toujours résilient. La BCE serait donc en bonne position pour naviguer dans l’incertitude actuelle.

La Zone Euro fait face à un choc d’inflation modéré qui ne montre pour le moment pas de signes de persistance spécifique. Sur la période inter-réunion depuis la dernière conférence de presse de juillet les taux européens à 10 ans se sont appréciés de 14 bps, entièrement attribuable à la partie réelle et non à la composante inflation. 

Ce degré de restriction (+70bps sur l’OIS EUR 10 ans depuis fin février) n’est pas justifié au regard de l’amplitude du choc inflationniste et de sa faible diffusion. L’institution Francfortoise devrait signifier une pause prolongée de son cycle de resserrement sur le reste de l’année afin de contenir les anticipations d’un durcissement additionnel de la part du marché.

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