Sika a crû en 2019 grâce aux acquisitions

AWP

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Les ventes se sont inscrites à 8,11 milliards de francs, soit une progression de 14,4%. Les chiffres déçoivent les investisseurs et le titre chute.

Le chimiste de la construction et producteur de colles Sika a connu en 2019 une solide croissance du chiffre d’affaires notamment grâce aux acquisitions réalisées. Le groupe zougois anticipe une croissance à deux chiffres de son bénéfice opérationnel pour l’année dernière.

Pendant l’exercice sous revue, les ventes se sont inscrites à 8,11 milliards de francs, soit une progression de 14,4%. Hors effet de change, les recettes ont pris 16,3%. La croissance organique s’est inscrite à 3,3% tandis que les acquisitions ont compté pour 13,0%, indique jeudi un communiqué.

En outre, le groupe s’attend à «des résultats records au niveau du résultat opérationnel et du bénéfice», a commenté Paul Schuler, le directeur général du groupe, cité dans le communiqué.

La croissance a été portée par les acquisitions. En 2019, le groupe a acquis les sociétés Parex, Crevo-Hengxin, King Packaged Materials et Belineco. Elle a également signé pour la société roumaine Adeplast.

Le chimiste de la construction a également ouvert sept nouveaux sites de production, posant ainsi des bases pour sa croissance future.

Le chiffre d’affaires est légèrement inférieur au consensus AWP. Les analystes interrogés anticipaient en moyenne cet indicateur à 8,14 milliards.

Toutes les régions ont contribué

En monnaies locales, la région Europe, Proche-Orient et Afrique a vu ses ventes progresser de 11,5% sur un an. En Egypte, au Qatar, en Serbie, au Sénégal, au Cameroun et en Ethiopie, les capacités de production ont été étendues avec l’ouverture de nouvelles usines pour des additifs pour le béton et le mortier.

Les Amériques ont enregistré une croissance de 19,3%, portée par le Nord tandis que les tensions politiques se sont répercutées sur le marché de la construction dans des pays comme le Mexique, le Chili et l’Equateur.

L’Asie-Pacifique a fait un bond de 35,1%, porté par un effet d’acquisition (+30,3%) en Chine. En Indonésie, une nouvelle usine est entrée en activité non loin de Jakarta.

Le segment Global Business, qui comprend notamment les activités dans l’automobile, a vu sa croissance progresser de 3,0%.

Pour 2019, le conglomérat prévoit une croissance à deux chiffres de son bénéfice opérationnel (Ebit). Il rappelle également que conformément à son plan annoncé en octobre, la croissance annuelle devrait s’établir entre 6-8% jusqu’en 2023. Et jusqu’en 2021, une marge Ebit de 15-18% est anticipée.

La croissance organique semble faible, soulignent les analystes de Kepler Chevreux. «Sika a publié des ventes très faibles, le pire loupé que nous ayons vu depuis des années pour l’entreprise», ont-ils sévèrement jugé. D’après leurs calculs, la croissance organique a dû atteindre environ 1% au 4e trimestre, contre 4% escompté et après 6% au 3e partiel.

«A la suite d’une croissance plus faible au dernier partiel 2019, nous pensons que nos estimations de croissance de 13,6% pour l’Ebit l’année dernière (+15,2% pour le consensus) sont trop ambitieuses», juge de son côté Vontobel. «Sika reste un gagnant sur le long terme mais les attentes du marché doivent se calmer».

A la Bourse suisse, la nominative Sika a chuté de plus de 3,4% à 174,35 francs, alors que le SMI des valeurs vedettes a clôturé quasiment à l’équilibre (-0,01%).

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