Les fabricants autos US remontés contre l’accord commercial avec le Japon

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L’entente annoncée la veille par le président Trump est une «mauvaise affaire» pour l’industrie automobile américaine, affirme Matt Blunt, président de l’AAPC, qui regroupe les Big Three.

Les trois grands constructeurs automobiles américains ont critiqué mercredi l’accord commercial avec le Japon, qui prévoit des droits de douane sur les importations automobiles aux Etats-Unis inférieurs à celles venant du Mexique et du Canada où ils sont implantés.

L’entente annoncée la veille par le président Donald Trump est une «mauvaise affaire» pour l’industrie automobile américaine, a estimé Matt Blunt, président de l’association des constructeurs automobiles américains (AAPC), qui représente les trois groupes historiques Ford, General Motors et Stellantis (Chrysler, Jeep, etc.).

Cet accord comporte en effet une surtaxe douanière de 15% sur toutes les marchandises japonaises entrant sur le territoire américain, y compris les véhicules.

Or, depuis début avril, les véhicules fabriqués à l’étranger sont taxés à hauteur de 25% même ceux provenant du Mexique et du Canada, avec lesquels Washington a pourtant un accord de libre-échange (ACEUM).

L’ACEUM a été négocié, et conclu, lors du premier mandat de Donald Trump et est entré en vigueur en juillet 2020.

Les trois constructeurs américains disposent d’usines dans ces deux pays et leur processus d’assemblage implique parfois plusieurs allers-retours transfrontières.

«Tout accord appliquant aux importations japonaises, ne contenant en gros aucun composant américain, des droits de douane inférieurs à ceux imposés aux véhicules fabriqués en Amérique du Nord, contenant une grosse quantité de composants américains, est une mauvaise affaire pour l’industrie américaine et pour les ouvriers de l’automobile américaine», a affirmé M. Blunt.

De son côté, le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba a fait part d’un soulagement certain pour l’industrie automobile nippone qui représente 8% des emplois du pays: «Nous sommes le premier (pays) au monde à réduire les droits de douane pour l’automobile et les pièces détachées, sans aucune limite de volume».

L’administration Trump négocie encore avec d’autres pays gros producteurs automobiles, comme la Corée du Sud qui a ses propres constructeurs (Kya, Hyundai) et où General Motors produit également des modèles importés aux Etats-Unis, ou encore l’Allemagne et l’Union européenne en général.

Les dirigeants de GM ont espéré mardi, à l’occasion de la présentation de résultats trimestriels, un taux moindre pour les importations de Corée.

«Nous continuons d’acheminer des véhicules depuis la Corée car ils sont (rentables) et ils sont très demandés», a indiqué Mary Barra, patronne du constructeur, lors d’une audioconférence avec des analystes. «Les clients aiment beaucoup ces véhicules», a-t-elle insisté.

L’AAPC avait également critiqué l’accord entre Londres et Washington en mai.

«Nous sommes déçus que l’administration (américaine) ait donné priorité au Royaume-Uni plutôt qu’à nos partenaires d’Amérique du Nord», avait alors relevé M. Blunt.

Les droits de douane sur les voitures britanniques ont été «immédiatement» rabaissés, passant de 27,5% à 10%, pour un quota annuel de 100.000 voitures.

Selon Downing Street, cela correspond «quasiment» au nombre de véhicules exportés en 2024 depuis le Royaume-Uni vers les Etats-Unis.

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