Le franc se raffermit à nouveau face à l’euro

AWP

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Après avoir chuté dans la matinée à 1,0733 franc pour un euro, un plus bas depuis avril 2017, la paire de devises remontait un peu à 1,0740 EUR/CHF vers 14h35.

Le franc s’est une nouvelle fois nettement raffermi jeudi face à l’euro, principale devise d’exportation des entreprises suisses. Certains analystes voient la paire de devises baisser davantage dans un contexte de tensions politiques.

Après avoir chuté dans la matinée à 1,0733 franc pour un euro, un plus bas depuis avril 2017, la paire de devises remontait un peu à 1,0740 EUR/CHF vers 14h35.

La récente chute de la paire de monnaies n’est pas liée à la faiblesse de l’euro, mais plutôt à la force du franc, a estimé Andreas Ruhlmann. Selon l’analyste d’IG Bank, «le mouvement résulte de l’annonce des Etats-Unis de l’inclusion de la Suisse dans sa liste de manipulateur de devise. Par conséquent, les investisseurs anticipent que la BNS sera moins en mesure d’intervenir sur le marché des changes».

Un avis partagé par les spécialistes d’UBS, qui estiment que le potentiel baissier de la paire de devises s’est renforcé depuis la décision des autorités américaines.

Lundi, les Etats-Unis ont annoncé que la Suisse avait de nouveau été placée sur les liste des pays sous surveillance pour manipulation de devises, document dont elle avait été retirée en mai 2019.

Le Trésor américain s’en mêle

Le Trésor américain met sur cette liste les Etats qui remplissent au moins deux des trois critères suivant: avoir un excédent des comptes courants global représentant plus de 2% du produit intérieur brut (PIB), avoir un excédent commercial avec les Etats-Unis de plus de 20 milliards de dollars et intervenir activement sur le marché des devises de leur pays. Ce dernier critère étant rempli en cas d’achats continus sur les marchés des changes équivalant à 2% du PIB sur 12 mois.

Aux yeux du Trésor, la Suisse remplit les deux premières conditions. Il appelle Berne «à ajuster ses politiques macroéconomiques, en particulier en utilisant sa vaste marge de manoeuvre budgétaire pour soutenir plus énergiquement l’activité économique intérieure».

La Confédération a figuré dans la liste des pays sous surveillance dans chaque rapport entre octobre 2016 et octobre 2018, «en raison d’un excédent de la balance des opérations courantes» et parce qu’elle «était engagée dans des interventions unilatérales persistantes sur le marché des changes».

Dans ce contexte, les spécialistes de la banque aux trois clés estiment que la monnaie suisse pourrait continuer à se raffermir jusqu’à 1,05 franc pour un euro.

IG Bank envisage pour sa part une continuation en direction du plus bas de 2016/2017 vers 1,0630 EUR/CHF. «Après quoi, la paire devrait se stabiliser un moment», selon M. Ruhlmann.

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