La Chine conforte sa place de premier créancier des pays pauvres

AWP

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La part du géant asiatique dans la dette totale due aux pays du G20 est passée de 45% en 2013 à 63% à la fin de 2019, selon la Banque mondiale.

La Chine a largement conforté ces dernières années sa place de premier créancier des pays pauvres, loin devant le Japon, a indiqué lundi la Banque mondiale déplorant que le pays ne participe pourtant pas au moratoire sur la dette.

La part du géant asiatique dans la dette totale due aux pays du G20 est passée de 45% en 2013 à 63% à la fin de 2019, a indiqué l’institution dans un communiqué.

«Au cours de la même période, la part du Japon, deuxième créancier du G20, est restée globalement inchangée à 15%», a-t-elle ajouté.

Au printemps, le G20 avait dévoilé l’Initiative de suspension du service de la dette (DSSI) pour soulager les pays les plus fragilisés par la pandémie de COVID-19. Celle-ci avait pris effet le 1er mai pour un an.

Le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et le G7 ont depuis demandé son extension tout en déplorant le manque d’implication des créanciers du secteur privé, fragilisant l’initiative. Le président de la Banque mondiale, David Malpass, a ainsi souligné lundi sa «frustration» au cours d’une conférence téléphonique.

Il a en outre regretté aussi «la participation partielle» des créanciers bilatéraux officiels.

«Certains des plus grands créanciers bilatéraux officiels, dont certains de Chine, ne participent toujours pas au moratoire», a-t-il dit.

Selon la Banque mondiale, le rythme d’accumulation de la dette des pays éligibles au moratoire était près de deux fois supérieur à celui des autres pays à revenus faibles et intermédiaires en 2019.

L’encours total des pays éligibles à la DSSI a grimpé en 2019 de 9,5% à 744 milliards de dollars, un record. Sur ce montant, 178 milliards de dollars correspondaient à des créances bilatérales en majorité avec des membres du G20.

Fin septembre, les ministres des Finances du G7 s’étaient dit favorables à l’extension du moratoire mais avaient exhorté à un partage équitable entre tous les créanciers.

Ils avaient aussi «vivement» regretté les mesures prises par certains pays pour éviter de participer à cette initiative, en classant par exemple leurs institutions publiques comme des prêteurs commerciaux.

Ils visaient alors implicitement la Chine sans la nommer, dont la Banque de développement est considérée par Pékin comme une banque commerciale, ce qui lui permet de ne pas être incluse dans le moratoire sur la dette.

D’après le G7, la DSSI a déjà permis à 43 pays de reporter 5 milliards de dollars de paiements officiels du service de la dette afin de libérer de l’argent pour répondre à la pandémie de Covid-19.

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