Allemagne: les entrepreneurs entament le printemps avec confiance

AWP

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L’embellie, qui laisse cependant apparaître d’importantes différences selon les secteurs, s’inscrit en fort contraste avec les restrictions accentuées à cause de la pandémie de Covid-19.

Le moral des entrepreneurs allemands s’est sensiblement amélioré en mars pour retrouver son niveau de juin 2019. L’embellie, qui laisse cependant apparaître d’importantes différences selon les secteurs, s’inscrit en fort contraste avec les restrictions accentuées à cause de la pandémie de Covid-19, selon le baromètre IFO publié vendredi.

L’indicateur, basé sur un sondage mensuel réalisé auprès de 9000 entreprises, et qui donne un avant-goût de l’activité économique, a gagné 3,9 points sur un mois, à 96,6 points. Il s’agit de «la valeur la plus élevée depuis juin 2019, soit avant que n’éclate le choc de la pandémie», souligne Clemens Fuest, président de l’IFO, dans un communiqué.

L’indice fait mieux en mars que les prévisions des analystes du fournisseur d’informations financières Factset, qui tablaient sur un baromètre quasi-stable à 93 points. Les entreprises se déclarent nettement plus satisfaites de la situation actuelle et l’optimisme est revenu dans la perspective des mois à venir, explique l’institut.

«Malgré le nombre croissant d’infections, l’économie allemande entame le printemps avec confiance», résume M.Fuest. L’embellie de l’indice IFO «masque une situation très contrastée dans l’économie», fait cependant remarquer Carsten Brzeski, économiste chez ING.

Les signes sont à la reprise dans toutes les branches de l’industrie, tandis que dans les services, certains secteurs restent déprimés comme dans l’hôtellerie et le tourisme. A côté de la bonne santé des services informatiques, les supermarchés, marchands de vélos et fleuristes font figure d’»exceptions positives», selon l’IFO.

La bonne surprise de l’indicateur clé en mars n’est qu’un «instantané au vu du resserrement renouvelé des mesures de confinement, malheureusement nécessaire en raison du mutant du virus britannique» relativise Fritzi Köhler-Geib, cheffe économiste à la banque publique KfW. La reprise économique devrait se «faire encore attendre» alors que sévit la troisième vague d’infections, prévient-elle.

«Une lecture poussée de l’IFO en mars suggère que les entreprises allemandes regardent au-delà des restrictions en cours ou souhaitent simplement qu’elles soient levées», ajoute M.Brzeski. Le produit intérieur brut (PIB) allemand devrait afficher un premier trimestre dans le rouge selon la Banque fédérale allemande et nombre d’observateurs. Sur l’année, le gouvernement allemand table sur un rebond de 3%, après le creux de 5% de l’an dernier.

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