Les prix du pétrole continuent de refluer vendredi, bien que se maintenant au-delà des 100 dollars le baril, de quoi soulager les Bourses asiatiques, tandis que le yen cédait du terrain en dépit d’un relèvement de taux de la Banque du Japon.
Vers 08h30 (heure suisse), le cours du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre, référence du marché mondial, reculait de 1,74% à 102,99 dollars.
Celui du baril de WTI nord-américain pour livraison en octobre cédait lui 1,55% à 100,33 dollars.
Le marché semble estimer que l’Arabie saoudite devrait maintenir un certain rythme d’exportations d’or noir, malgré les attaques sur ses infrastructures.
Les informations selon lesquelles l’oléoduc Est-Ouest de l’Arabie saoudite pourrait recouvrer environ la moitié de sa capacité d’ici quelques jours avaient déjà fait baisser les prix du pétrole ces dernières séances.
Pour autant, le président américain Donald Trump «a ajouté une couche d’incertitude en laissant entendre qu’une annonce importante concernant l’Iran pourrait intervenir prochainement», rappelle Chris Weston, du courtier Pepperstone.
Et «les risques liés à l’actualité géopolitique restent importants: le pétrole demeurant très sensible à l’évolution de la situation autour de l’Iran, les investisseurs doivent s’attendre à ce que la volatilité reste élevée» sur le marché, prévient-il.
Signe des tensions persistantes au Moyen-Orient: les Gardiens de la révolution iraniens ont annoncé vendredi avoir frappé un pétrolier battant pavillon togolais dans le secteur du détroit d’Ormuz.
Bourses positives
Pour autant, les marchés boursiers profitaient de cette pause des cours de l’énergie, ainsi que d’un répit sur les taux obligataires américains.
A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a clôturé en progression de 1,38% à 65’018 points. A Séoul, l’indice Kospi a bondi de 2,66%.
La Bourse de Taipei a grimpé de 1,93%. Et vers 08h30, l’indice hongkongais Hang Seng avançait de 0,95%.
Les valeurs technologiques (IA, semi-conducteurs), poids lourds des indices, contribuent à tirer les Bourses vers le haut, après une nette progression du secteur la veille à Wall Street, notaient les analystes de Tokai Tokyo Intelligence.
Le yen recule, la BoJ déçoit
Vers 08h30, la devise japonaise cédait 0,77% à 157,18 yens pour un dollar.
Certes, la Banque du Japon a, comme c’était largement attendu, annoncé à la mi-journée un relèvement de son taux directeur à 1,25%, au plus haut depuis 31 ans, pour contrer l’inflation, et a suggéré qu’elle pourrait continuer à durcir le ton.
Mais après avoir été dopé par la perspective d’un relèvement des taux de la BoJ ces dernières semaines, la devise japonaise a perdu du terrain vendredi dans la foulée de la décision de la Banque.
En effet, cette dernière n’a été approuvée que par sept des neuf membres du comité de politique monétaire de l’institution, une dissidence qui suscite des inquiétudes sur le rythme des prochaines hausses de taux de la BoJ.
«Pour un marché en quête de signes indiquant que la Banque du Japon pourrait réduire l’intervalle entre ses hausses de taux, ces votes dissidents ont eu leur importance», décrype Stephen Innes, analyste de Quintex Intel.
«Alors que les courtiers guettaient des indices suggérant une accélération du rythme de resserrement, deux membres soutenaient au contraire que la décision prise ce jour-là intervenait trop tôt», souligne-t-il.
La BoJ se trouve cependant aiguillonnée par une inflation persistante, qui devrait encore s’exacerber à mesure que se prolonge le conflit au Moyen-Orient, et sous la pression de Washington.
Les Etats-Unis étaient intervenus conjointement avec le Japon cet été pour soutenir un yen affaibli, et alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) a elle-même relevé ses taux cette semaine pour la première fois en trois ans, la BoJ était encouragée à s’inscrire dans son sillage pour ne pas peser davantage sur la devise nippone.