Wall Street progressait jeudi, sur fond de baisse du pétrole et d’un nouvel indicateur rassurant sur l’inflation aux Etats-Unis, à l’exception du Dow Jones qui se repliait, tout comme les Bourses européennes.
Vers 16h00 GMT à New York, le Dow Jones (-0,13%) reculait, contrairement au S&P 500 (+0,40%) et au Nasdaq (+0,50%).
Avant la cloche, les traders ont appris que l’indice américain des prix à la production était resté stable en juillet, deuxième nouvelle rassurante après l’indice des prix à la consommation la veille.
«Cela enlève de l’urgence à la Réserve fédérale pour relever ses taux d’intérêt», décrypte l’analyste John Plassard, de Cité Gestion, joint par l’AFP.
«En fin de compte, nous nous attendons à ce que la Réserve fédérale maintienne ses taux inchangés jusqu’à la fin de 2026», ajoute Florian Ielpo, de Lombard Odier.
«Toutefois, les risques restent orientés à la hausse, compte tenu des récents messages fermes de la Fed, de l’interprétation potentiellement plus stricte que le président Kevin Warsh fait de l’objectif de 2 %, et de la présence de trois membres dissidents au ton restrictif en juillet», ajoute-t-il.
Le Nasdaq et le S&P 500 saluaient également le rebond de valeurs technologiques (Sandisk +13,43%).
En Asie, les géants coréens de la mémoire vive Samsung Electronics (+4,89%) et SK hynix (+5,92%) ont connu une journée très favorable.
Le secteur des composants informatiques «commence à reprendre des couleurs après une saison de résultats difficile, durant laquelle de solides bénéfices n’avaient pas empêché une correction nécessaire», relève Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
En Europe, les investisseurs ont plutôt misé sur des ventes de titres et des prises de bénéfices après des records la semaine dernière à Paris, Francfort, Milan et Madrid.
Londres (-0,56%) a été plombée par ses minières (Antofagasta -4,70%, Fresnillo -4,24%, Rio Tinto -4,18%).
A Paris (-0,28%), 27 des 40 entreprises du CAC ont perdu de la valeur pendant la séance, dont Dassault Systèmes (-2,24%), Safran (-1,54%) et Hermès (-1,47%).
A Francfort (-0,12%), le chimiste Lanxess (-5,65%), affecté par le niveau bas du Rhin qui freine ses activités, a été délaissé après une note de Berenberg qui a dégradé sa recommandation à «vendre».
Les valeurs liés à l’automobile ont aussi reculé (Mercedes -1,61%, BMW -0,94%, Volkswagen -1,25%), alors que le constructeur naval TKMS (+10,19%) s’envolait sous l’effet de recommandations d’achat des banques Deutsche Bank et Bernstein.
Milan terminait tout juste à l’équilibre (-0,01%).
A Zurich, le SMI a gagné 0,18%.
Baisse du pétrole
Les pétrolières ont reculé avec la baisse des prix du brut (TotalEnergies -0,16%, Shell -0,17%, BP -0,65%, ENI -0,65%) à l’exception de Repsol (+1,42%).
Vers 16h15 GMT, la baisse du brut ralentissait sur les marchés mondiaux, qui ont toujours les yeux tournés vers le Moyen-Orient (baril de Brent à 88,28 dollars -0,79% et son équivalent le WTI américain à 82,48 dollars, -0,95%).
Les forces armées iraniennes ont fustigé jeudi «les mensonges» du président américain Donald Trump, qui a affirmé la veille que les Etats-Unis avaient un contrôle «total» du stratégique détroit d’Ormuz.
Les Houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, ont revendiqué jeudi une frappe de drones sur une raffinerie du géant pétrolier Aramco, dans le sud-ouest de l’Arabie saoudite.
Détente sur les taux
Grâce aux bons chiffres de l’inflation américaine, les taux se détendaient sur le marché obligataire.
Les bons du Trésor américains affichaient un rendement à dix ans de 4,64% contre 4,69% la veille.
En Europe, le «Bund» allemand à échéance dix ans baissait à 3,13% contre 3,16% la veille, suivant la même tendance que les obligations françaises à dix ans (3,94% contre 3,98%).
Sur le marché monétaire, le dollar restait stable par rapport à l’euro à 1,1528 dollar pour un euro.