Les marchés européens sous pression, Wall Street soulagée après l’inflation

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Paris termine sur un recul de 0,46%, Francfort cède 0,23%, Londres 0,10% et Zurich 0,86%, tandis que Milan reste à l’équilibre (-0,01%).

Les Bourses européennes ont terminé en baisse mercredi, pénalisées par les incertitudes autour du détroit d’Ormuz, tandis que Wall Street profitait du ralentissement de l’inflation américaine et du rebond des valeurs technologiques.

Sur le Vieux Continent, «la séance a été davantage placée sous le signe de la prudence que de la conviction», commente Patrick Munnelly, de Tickmill Group.

La Bourse de Paris a terminé sur un recul de 0,46%, Francfort a cédé 0,23%, Londres 0,10% et Zurich 0,86%, tandis que Milan est restée à l’équilibre (-0,01%).

«Les investisseurs sont restés concentrés sur le conflit en cours au Moyen-Orient et sur la question toujours non résolue de la réouverture du détroit d’Ormuz», explique-t-il.

Donald Trump, qui semble désormais privilégier une approche plus attentiste face à l’Iran, a répété mercredi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis avaient un contrôle «total» du détroit d’Ormuz et allaient le «garder».

Dans les faits, ce passage stratégique pour le commerce mondial du pétrole est verrouillé par l’Iran, alors que les Etats-Unis imposent de leur côté un blocus aux ports iraniens.

«Les espoirs d’une avancée diplomatique ont à plusieurs reprises soutenu l’appétit pour le risque au cours des dernières séances, mais de nouvelles complications ont également ravivé la prime de risque liée au pétrole et à l’inflation», résume Patrick Munnelly.

Sur le marché pétrolier, les prix restaient stables. Vers 15h45 GMT, le Brent de la mer du Nord s’échangeait à 88,92 dollars (+0,01%) et le WTI américain à 83,20 dollars (-0,01%).

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a par ailleurs indiqué mercredi qu’elle revoyait fortement en baisse sa prévision de la demande de pétrole en 2026, faute de perspective d’une résolution rapide du conflit au Moyen-Orient entre les Etats-Unis et l’Iran.

Pour Andreas Lipkow de CMC Markets, les investisseurs ont par ailleurs profité des «chiffres de l’inflation américaine pour procéder à des prises de bénéfices un peu plus marquées» sur les Bourses européennes.

Wall Street soulagée

A New York, les principaux indices évoluaient majoritairement en petite hausse, le Nasdaq gagnant 0,42% et le S&P 500 0,18%, à l’exception du Dow Jones qui restait à l’équilibre (-0,02%) vers 15h45 GMT.

«L’inflation américaine a apporté aux marchés un certain soulagement bienvenu», commente Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com.

Le ralentissement des prix à la consommation aux Etats-Unis s’est confirmé au mois de juillet, profitant d’une pause dans le conflit au Moyen-Orient qui a eu son impact positif sur les prix de l’énergie, une nouvelle bienvenue pour la banque centrale américaine. L’indice CPI a marqué une légère baisse en juillet, pour s’établir à 3,4% sur un an.

«L’amélioration reste modeste, mais l’inflation demeure remarquablement maîtrisée pour une économie ayant absorbé un choc majeur sur les matières premières», souligne Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique de Lombard Odier AM.

Le dollar stable

«Pour la Réserve fédérale, il s’agit d’un rapport encourageant, mais certainement pas d’un feu vert définitif», estime Daniela Hathorn.

«La Fed est donc peu susceptible de déclarer victoire à ce stade, d’autant plus que Kevin Warsh», le président de l’institution, «a insisté sur l’importance de veiller à ce qu’une inflation élevée ne devienne pas préjudiciable à l’économie américaine», poursuit-elle.

Pour l’experte, la réaction des marchés reflète cet équilibre. Du côté des devises, le dollar restait presque stable face à l’euro (+0,02%) à 1,1540 dollar pour un euro vers 15h45 GMT.

Sur le marché obligataire, les bons du Trésor américain à échéance de deux ans, les plus sensibles à la conjoncture monétaire, évoluaient à 4,19%, contre 4,21% mardi en clôture.

L’absence d’une mauvaise surprise sur l’inflation «élimine l’une des principales menaces immédiates pesant sur les actifs risqués, mais ce rapport n’est probablement pas suffisamment favorable, à lui seul, pour provoquer une réévaluation fortement accommodante des anticipations de politique monétaire» de la Fed, souligne Daniela Hathorn.

La tech profite de bons résultats

La tech reprenait des couleurs au lendemain de la publication des résultats du spécialiste du cloud CoreWeave (+18,66% vers 15h45 GMT). Son titre s’envolait à New York après l’annonce de performances financières meilleures qu’escompté, grâce à l’accélération de la demande en infrastructures d’IA.

Le fabricant américain de serveurs Super Micro Computer (+12,53%) avait également le vent en poupe, surfant sur un bénéfice net et des prévisions meilleurs qu’attendu.

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