«Wait and see». Les Bourses mondiales levaient le pied lundi, avant les conférences de presse du secrétaire américain au Trésor Scott Bessent et du président de la Réserve fédérale (Fed) Kevin Warsh.
Les marchés attendent également la publication mercredi des résultats trimestriels de Nvidia (puces), première capitalisation mondiale au coeur du développement de l’intelligence artificielle dont elle est le baromètre.
Les investisseurs réduisent «leur exposition au risque», commente Patrick Munnelly, de Tickmill Group.
En Europe, seule Londres (+0,35%) a pris des risques parmi les grandes bourses européennes, portée par Airtel (téléphonie, +3,18%) et Diageo (alcools, +3%).
Milan (-0,24%), Paris (-0,37%) et Francfort (-0,11%) ont fini sur une baisse.
A Zurich, le SMI a terminé en recul de 0,07%.
A Francfort, la Deutsche Bank (+2,10%) a annoncé lundi avoir achevé son programme de rachat d’actions d’un milliard d’euros. Elle lancera mardi un nouveau programme de 500 millions d’euros, financé pour la première fois par le bénéfice net de l’exercice en cours.
A New York, le Nasdaq Composite (-0,39%) enregistrait un nouveau coup de froid sur les valeurs technologiques qui s’est fait sentir à Séoul (-3,12%, avec Samsung Electronics en net recul de 8,70%).
Le S&P 500 était également d’humeur morose (-0,18%) contrairement au Dow Jones (+0,30%) qui inspirait quelques prises de risques aux investisseurs.
Outre les questions globales (financement de l’IA, inflation, hausse des taux), l’Amérique du Nord vivait aussi au rythme de la reprise de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et le Canada, avec une hausse réciproque des droits de douane.
Le pétrole modère sa baisse
Les investisseurs attendaient le premier rendez-vous de la semaine, à savoir la conférence de presse du ministre des finances Scott Bessent qui doit détailler lundi vers 17H00 GMT le plan des Etats-Unis pour «étouffer» l’Iran.
En attendant Bessent, le pétrole accélérait sa baisse vers 16H00 GMT. Le baril de Brent, référence sur le marché du Brut, s’échangeait à 92,37 dollars (-2,14%) et le WTI américain à 84,79 dollars (-2,61%).
Les taux dans l’attente de Warsh
Sur le marché obligataire, les taux restaient à leur plus haut niveau depuis des années, en attendant la conférence de presse du président de la Réserve fédérale Kevin Warsh en fin de semaine, à la réunion annuelle des banquiers centraux de Jackson Hole.
Un discours très attendu: les analystes reprochent au nouveau patron de la Fed d’avoir abandonné les «forward guidance» (prévisions de politique monétaire) lors de ses précédentes interventions.
«On peut douter que Kevin Warsh communique davantage d’informations», tempère cependant Mabrouk Chetouane de Natixis. «On va continuer dans cette ambiance de flou monétaire», prévoit-il, joint par l’AFP.
Face à l’envolée des taux, l’administration Trump a pris l’initiative en annonçant des rachats d’obligations à long terme à compter de septembre, ce qui a rassuré les investisseurs.
Le rendement des bons américains à dix ans a ainsi reculé à moins de 4,70% contre 4,73% en fin de semaine dernière.
En Europe, les rendements du Bund allemand à dix ans affichaient toujours 3,25% alors que son équivalent français revenait vers 4,12% contre 4,13%, à son plus haut niveau depuis 2008.
Les taux montent principalement en raison d’une forte demande de capitaux de la part des Etats pour financer leur dette, et des «hyperscalers» (géants de la tech) pour investir dans l’IA.
«Cette concurrence accrue ne peut qu’alimenter la poursuite de la hausse des taux. Avec, à terme, les risques pour le financement de l’économie mondiale qu’elle entraîne», analyse Enguerrand Artaz, stratégiste à La Financière de l’Échiquier (LFDE).
En attendant Nvidia
A deux jours de la publication de ses résultats, Nvidia reculait (-1,92%) vers 16H00 GMT.
«La barre est placée haut. Le consensus table sur un chiffre d’affaires compris entre 92 et 94 milliards de dollars, soit quasiment un doublement en un an. A priori, le groupe devrait être en mesure de répondre aux attentes», selon Christopher Dembick, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM.
Première capitalisation boursière mondiale (plus de 5000 milliards de dollars), Nvidia représente quasiment un risque systémique pour l’ensemble des acteurs de l’intelligence artificielle, estiment les analystes.
«Les revenus de Nvidia reflètent désormais un cycle d’investissement global couvrant les semi-conducteurs, la mémoire, les réseaux, les capacités du cloud, l’électricité et le financement des centres de données. C’est pourquoi l’entreprise devrait occuper la plus grande partie de l’avant-scène cette semaine», insiste Florian Ielpo de la banque suisse Lombard Odier.