Gonet: l'actualité des marchés au 16 octobre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +1,08%, S&P 500 +0,33%, Nasdaq +0,08%, Russell +1,38%, SOX -0,88%, Eurostoxx -0,36%, SMI +1,55%.

 

Wall Street ne sait plus trop à quoi se raccrocher en début de séance hier, pénalisée une fois de plus par la pression vendeuse autour de l’intelligence artificielle, une rotation massive est manifestement en marche, puis Jensen Huang prend son micro et rassure tout le monde. Le patron de Nvidia estime inutile d’apporter un soutien financier à CoreWeave malgré les tensions rares sur sa dette. L’image fugace d’un pyromane revenant sur les lieux de l’incendie traverse mon esprit, mais passons. Le marché s’arc-boute à ces mots mais c’est de Bangkok que vient le réel salut des taureaux hier. Le FMI est actuellement réuni dans la capitale thaïlandaise et hier c’est au tour de Kevin Warsh d’y donner un discours. Sans donner d’indications précises sur l’évolution des taux d’intérêt, Il réaffirme l’engagement de la banque centrale à assurer la stabilité des prix, tout en précisant qu’il ne préjuge d’aucune décision future. Il n’en faut pas plus au marché, toujours fragilement accroché aux mots de Jensen Huang, pour considérer ces propos comme une absence de soutien explicite à de nouvelles hausses de taux, malgré une inflation américaine supérieure aux attentes cette semaine. Warsh souligne également que l’intelligence artificielle constitue, selon lui, la transformation économique la plus importante de sa vie. Il estime que l’IA stimulera d’abord la demande avant d’accroître l’offre, avec un potentiel de modération des anticipations d’inflation à moyen terme.

Si j’étais commentateur sportif, j’écrirais que Kevin Warsh vient de réaliser un superbe assist aux taureaux, de type «Lamine Yamal». Ce d’autant que la publication hier de l’indice des prix à la production aux Etats-Unis, couplée aux ventes au détail du mois de septembre, aurait logiquement dû faire mettre un pied à terre aux actions et renvoyer les rendements obligataires vers le nord. Or il n’en est rien, bien au contraire, le 10 ans recule tout près de 5% en séance, rappelons-nous que les craintes autour de la croissance de la première économie du monde sont de retour dans les salles de marchés et cela se voit. Les actions doivent donc faire avec plusieurs vents contraires hier mais parviennent tout de même à réenclencher leur fameux BTFD (non je ne traduirai pas cet acronyme). La remontada peut commencer, on met le marché obligataire de côté et on sort les tickets bleus, dead cat bounce que cette séance d’hier ou début de quelque chose? Comme d’habitude, je suppose que c’est l’avenir qui nous le dira.

Le podium du jour de l’indice S&P500 (SPX) se compose de la santé, des materials et des financières, la rotation hors des semi-conducteurs vers des secteurs plus rassurants est évidente. Le SOX réalise sa huitième clôture de suite dans le rouge, seule consolation du jour, il termine sa séance au plus haut… du jour. Le Nasdaq100 (NDX) teste sa 100 jours en séance puis rebondit et la récupère, réalisant la performance de repasser également au-dessus de sa 50 jours mais ne parvenant en revanche pas à récupérer le niveau de 30'000 points. Le SPX parvient à défendre sa propre 50 jours, son alter ego équipondéré le SPW gagne 1,36% contre +0,33% au SPX, une belle illustration de la quasi prise de pouvoir du «reste de la cote», les mastodontes de la tech étant chahutés pour la plupart. Notons que le Russell2000 (les petites capitalisations) parvient à stopper son hémorragie, mais pas à récupérer sa 200 jours, pas encore.

On traverse l’Atlantique pour retrouver un Stoxx Europe 600 (SXXP) en grande forme depuis qu’il est parvenu à rebondir de sa 200 jours, le principal indice du vieux continent s’attaque désormais à sa 100 jours. Mais la véritable star du moment par nos contrées est le SMI (Safe Market Index). Notre bon vieil indice helvétique qui ne cesse de bondir depuis le 8 octobre et transperce littéralement sa 50 jours hier, objectif technique 14'500 points contre une clôture hier soir à 14'349 pts. Le SMI et le SOX depuis le 8 octobre, c’est +5,22% contre -8,26%.

Dans les faits les marchés européens abordent la fin de semaine dans un climat serein. De nouvelles corrections déclenchées par la tech US restent probables, les valorisations des semi-conducteurs et des sociétés exposées à l’IA étant jugées excessives par de nombreux investisseurs. Mais les capitaux quittant la technologie sont principalement réinvestis dans des secteurs moins chers, plutôt que retirés du marché. Le NDX évolue autour des 30’000 points depuis le milieu de l’année, ce qui pourrait limiter son potentiel de hausse et provoquer de nouvelles ventes en cas de rebond marqué. En parallèle, le FTSE 100 britannique se dirige vers sa meilleure semaine depuis avril et le Stoxx 600 européen vers sa plus forte progression hebdomadaire en deux mois. Leur faible exposition à la technologie constitue actuellement un avantage, tandis que leurs valorisations plus raisonnables, leurs rendements bénéficiaires et leurs dividendes plus élevés, ainsi que leurs primes de risque actions positives, offrent une diversification intéressante lorsque les investisseurs se détournent de l’IA.

Ce matin le rendement du 10 ans US s’est stabilisé à 5,08%, la paire EUR/USD est repassée légèrement au-dessus de 1,1200, l’or cote 4186 dollars et le pétrole 105,23 dollarsle baril de Brent, qui refuse de reculer significativement.

Le calendrier macroéconomique est relativement léger aujourd’hui, avec la publication de la balance commerciale de la zone euro à 11h00, suivie aux États-Unis des prix à l’importation et à l’exportation à 14h30, qui apporteront de nouvelles indications sur les pressions inflationnistes. La production industrielle américaine, attendue à 15h15, permettra ensuite de prendre le pouls de l’activité manufacturière et de la dynamique économique outre-Atlantique.

L’actualité des entreprises est marquée par UniCredit, qui obtient l’autorisation de la BCE de prendre le contrôle de Commerzbank, dont elle détient déjà 48% du capital. Au Royaume-Uni, les banques pourraient faire face à une hausse de leur fiscalité dans le prochain budget. Dans la santé, Roche reçoit le feu vert de la FDA pour Enspryng, premier traitement sous-cutané à domicile de l’orbitopathie thyroïdienne. Dans la technologie, Nvidia s’associe à Volvo pour développer une nouvelle technologie de conduite automatisée, Google améliore son mode IA pour mieux valoriser les contenus et Meta lance un nouveau modèle d’intelligence artificielle ouvert afin de concurrencer les acteurs chinois. Parallèlement, les investisseurs revoient à la baisse leurs attentes de valorisation pour l’introduction en Bourse d’Anthropic, en raison du ralentissement de sa croissance. HSBC prévoit de doubler ses effectifs dédiés à l’IA à Hong Kong, tandis que Netflix nomme Peter Rice, ancien dirigeant de Disney, à la tête de ses contenus. Dans l’automobile, Tesla prévoit de lancer la production de son Roadster en 2028 et Toyota commencera en décembre la fabrication du Lexus NX exclusivement hybride au Canada. Enfin, SpaceX fait l’objet de nouvelles révélations concernant les restrictions imposées à son service Starshield en Ukraine, qui auraient été décidées par la Maison-Blanche.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse. Tokyo gagne 1,39% à la cloche, Hong Kong grappille 0,45%, Shanghai prend 0,24%, Séoul monte de 2,05% et le Nifty50 prend 0,55%. Les futures SPX et NDX évoluent en très légère hausse et l’Europe prend 0,6% dans les premiers échanges.

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