Et si les salariés se révoltaient?

Présélection prix Turgot 2018

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Patrick Artus & Marie-Paule Virard, Editions Fayard

L'avis du Club de présélection du prix Turgot
Renzo Borsato Les nouvelles technologies détruisent des emplois mais d’autres sont créés. C’est ce que Schumpeter appelle la «destruction créatrice». En réalité, il arrive souvent que ces nouveaux emplois sont nettement moins qualifiés: les salariés vivent dans des conditions précaires. Certains pays ont un taux de chômage faible. En ce qui concerne l’Allemagne, ce résultat est obtenu par l’existence de «minijobs» peu rémunérés. Et que dire des contrats «zéro heures» pratiqués au Royaume-Uni? Tout ceci concourt à créer un salariat qui se paupérise. La répartition de la valeur ajoutée dégagée par l’entreprise est plutôt en faveur de cette dernière. Les dirigeants sont exhortés par leurs actionnaires à produire des résultats toujours plus élevés, ce qui conduit invariablement vers une pression sur les salaires. De ce fait, les déséquilibres entre riches et pauvres vont grandissant. Les jeunes sont très préoccupés par cette situation: malgré leurs diplômes durement acquis, ils sont obligés d’accepter des emplois ne correspondant pas à leur formation. Attention à la frustration que ces situations génèrent. Une piste à suivre pour sortir de cette impasse: pratiquer une politique de formation professionnelle, adaptée au marché du travail, et qui donne des perspectives d’évolution. L’Europe pourrait également encourager les pays dans cette démarche.