L’activité hypothécaire, la collecte de fonds auprès de la clientèle ainsi que les opérations sur titres et placements se sont révélées plus soutenues durant le premier semestre de l’année. Ceci a permis à la Banque Cantonale Neuchâteloise de compenser en partie la pression exercée sur sa marge d’intérêt par le faible niveau des taux sur le franc. Le résultat opérationnel de 39,0 millions de francs est ainsi légèrement supérieur aux attentes, toutefois en recul par rapport au premier semestre 2024. Pour le second semestre, la banque s’attend également à une baisse de son résultat, mais dans une moindre mesure.
Résultat opérationnel supérieur aux attentes
Le premier semestre a été caractérisé par une grande instabilité au niveau mondial. En Suisse, la baisse des taux d’intérêt s’est poursuivie dans un contexte de ralentissement économique. Cette situation est venue renforcer la contraction attendue de la marge d’intérêt, principale source de revenu pour la BCN. Toutefois, une forte activité commerciale dans le domaine hypothécaire et dans les activités liées à la gestion de patrimoine et le conseil en placement a permis de réaliser un résultat opérationnel supérieur aux projections.
Bilan
Sur les six premiers mois de l’année, la somme totale du bilan augmente de 1,4% à CHF 12,2 milliards. L’activité de financement a été importante, puisque tant les créances sur la clientèle que les créances hypothécaires enregistrent une croissance nette qui se monte globalement à CHF 259,7 millions ou 2,8%. Au passif, l’augmentation de CHF 502,6 millions ou 7,6% du volume des dépôts de la clientèle, obligations de caisse comprises, a permis de financer cette croissance et de réduire les engagements envers les banques.
Compte de résultat
Les baisses successives des taux directeurs sur le franc impactent négativement le résultat brut des opérations d’intérêt qui enregistre un repli de CHF 3,5 millions ou 5,5% par rapport au premier semestre 2024. La progression des volumes de crédit a permis de contenir cette baisse.
L’augmentation des corrections de valeur pour risques de défaillance et pertes liées aux opérations d’intérêts, en lien avec certains dossiers pour lesquels le risque d’insolvabilité a augmenté, péjore davantage le résultat net des opérations d’intérêt (- CHF 9,1 millions ou -13,3%), sachant qu’une dissolution nette des corrections de valeurs avait été enregistrée sur la même période de l’an passé, entraînant un important effet de base.
Le résultat des opérations de commissions et des prestations de service enregistre une progression de 2,3% ou CHF 0,4 million. Les marchés financiers ayant enregistré une performance globalement stable, c’est bien une hausse significative de l’activité de conseil et de gestion en patrimoine qui permet d’atteindre ce résultat. A relever que les commissions sur les autres prestations de service sont globalement stables.
Les opérations de négoce avaient bénéficié de circonstances de marché particulièrement favorables au premier semestre 2024. Celles-ci se sont ensuite normalisées. Sur les six premiers mois de l’année, les activités ont permis d’atteindre un résultat de CHF 6,0 millions, en recul de 17,5%.
Les autres résultats ordinaires accusent un léger repli, les immobilisations financières ayant enregistré une performance plus faible cette année que la précédente pour la même période.
Les charges d’exploitation augmentent un peu moins vite que prévu. Les charges de personnel progressent de 4,5% en lien avec l’augmentation des effectifs et les autres charges d’exploitation de 7,3%, ceci en raison des développements en cours, notamment dans l’informatique et les services digitaux. Les amortissements augmentent légèrement pour s’établir à CHF 3,9 millions.
Résultat opérationnel et bénéfice semestriel
Après deux années record, le résultat opérationnel se normalise en s’établissant à CHF 39,0 millions, soit légèrement au-dessus des attentes formulées en début d’exercice. Après attribution de CHF 15,0 millions aux réserves pour risques bancaires généraux, le bénéfice semestriel se monte à CHF 24,1 millions, en recul de 10,2%.
Perspectives
A court terme, les taux directeurs devraient rester stables à un faible niveau. La pression sur la marge d’intérêt devrait par conséquent se poursuivre. Ce phénomène était déjà partiellement présent durant le second semestre 2024, si bien que l’écart entre les deux périodes devrait être plus faible que ce qui a été observé au cours des six premiers mois de l’année.
Sur le plan conjoncturel, l’introduction de droits de douane très élevés pour le principal marché d’exportation du canton s’ajoute à un ralentissement économique déjà présent depuis de nombreux mois. Ceci pourrait engendrer des risques de défaillance impactant négativement le résultat annuel.