Don’t give up

Laurent Denize, ODDO BHF Asset Management

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Donald Trump a peut-être maximisé le rapport entre gain politique et perte économique.

 

Au premier trimestre 2018, trois interrogations sont venues attiser la nervosité des investisseurs:

  • Le cycle manufacturier: ralentissement ou simple tassement? En dépit du ralentissement observé au premier trimestre, la croissance attendue du secteur manufacturier pour 2018 n’a guère été révisée à la baisse. L’hypothèse d’un plateau de croissance globalement synchronisée sur des niveaux élevés apparaît dorénavant très probable.
  • Relations entre les Etats-Unis et la Chine: escalade dans l’affrontement? Les premiers accusent la seconde de vol de propriété intellectuelle pour un équivalent de 50 milliards de dollars par an, et ont annoncé une hausse des tarifs douaniers de 25% sur un ensemble d’importations d’une valeur équivalente. La Chine devrait annoncer des mesures de rétorsion similaires. Nous notons 1) que les montants en jeu restent mesurés (environ 10% des importations US de Chine, et 2% du total), 2) qu’une guerre commerciale «totale» constituerait un jeu perdant-perdant, 3) dans la perspective des élections de mi-mandat, M. Trump a peut-être maximisé le rapport entre gain politique et perte économique.
  • Valeurs technologiques: risque de contreperformance ou point d’entrée? Question qui inquiète d’autant plus qu’elles avaient été portées ces 6 derniers mois par des flux acheteurs sans précédent (18 milliards de dollars).
«Les résultats qu’afficheront les entreprises cotées devraient être
le moteur d’une remontée des marchés actions. »

Dans ce contexte, les résultats qu’afficheront les entreprises cotées devraient être le moteur d’une remontée (ou pas) des marchés actions. La saison des résultats pour le premier trimestre débute mi-avril, et s’annonce plutôt positive, puisque le consensus attend une hausse des profits de 17% aux Etats-Unis et de 8% en Europe – la différence s’expliquant en grande partie par la fiscalité américaine. Les investisseurs scruteront de près les éventuels impacts négatifs des taux de change ou des matières premières.

Nous privilégions les actions «Large caps» qui semblent offrir un momentum plus favorable que les «Small caps» qui ont récemment surperformé dans un environnement où leur potentiel de révisions nous parait plus limité.

Coté taux, nous restons persuadés que le cycle haussier est enclenché même si le rythme va rester extrêmement lent. Nous conservons donc une exposition en duration quasi nulle.

Nous ne négligeons pas le risque d’une spirale à la baisse des valeurs technologiques. La volatilité récente, selon nous amenée à perdurer, va globalement rendre les investisseurs plus exigeants et faire grimper les primes de risque dans les périodes de turbulence. Cette menace, difficile à évaluer, nous parait aujourd’hui contrebalancée par un environnement où les valorisations sont plus favorables (13.5x PE 12m F sur les actions européennes vs 16.1x en novembre 2017) et les perspectives de croissance bénéficiaires intactes.
Une vraie raison de ne rien lâcher… pour le moment.

«Nous privilégions les actions «Large caps» […] Coté taux, nous conservons une exposition en duration quasi nulle.»