Commodity Monthly Monitor de WisdomTree

Nitesh Shah, Mobeen Tahir, Aneeka Gupta, WisdomTree

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Les matières premières font du sur place alors que les actions se reprennent.

La confirmation de la conclusion de la «phase 1» d’un accord commercial entre les États-Unis et la Chine se fait attendre, car jusqu’à présent seuls les États-Unis font mention d’un accord de ce type. Faute d’une entente entre les deux pays, les droits de douane américains sur les marchandises chinoises pourraient augmenter dès le 15 décembre, sachant que cette échéance pourrait être repoussée jusqu’à la dernière minute afin d’éviter que les négociations ne soient interrompues. Quoi qu'il en soit, il est peu probable que la situation évolue de manière significative début 2020, un accord «phase 1» n’ayant pas une portée globale. Partant de cette hypothèse, la priorité continuera d’être donnée aux stratégies défensives basées sur l’or malgré la reprise prématurée des marchés actions. Les métaux industriels ne participent d’ailleurs pas à cette vague d’enthousiasme: ils ont perdu 4,8% le mois dernier, emmenés par le nickel (-14%), une évolution qui reflète les inquiétudes concernant l’impact d’une  guerre commerciale prolongée sur la demande.

Seule l'énergie a résisté à la tendance baissière des cours de l’ensemble des matières premières. Pour combien de temps encore? Tout dépendra des décisions prises à l’issue de la réunion de l’OPEP qui se tient ces jours. Ce sera d’ailleurs la seule qui pourrait avoir une importance décisive en décembre. La réunion de la Réserve fédérale américaine les 10 et 11 décembre prochains devrait déboucher sur un statu quo, l’économie américaine montrant quelques signes d’une reprise timide. La Banque centrale européenne (BCE) ne devrait pas modifier sa politique monétaire lors de sa réunion du 12 décembre, mais étant donné le fait qu’elle sera dirigée par un nouveau président pour la première fois depuis huit ans, la BCE pourrait donner des indications quant aux nouvelles orientations qu’elle pourrait introduire ces prochains mois. De manière générale, les banques centrales éviteront d'effrayer les marchés, car la liquidité tend à diminuer en fin d’année.

Si l'on revient sur les 12 derniers mois, les métaux précieux ont nettement surperformé (+18%) par rapport à l’ensemble des matières premières. Le nickel (+33%) et le palladium (+58%) ont enregistré des gains de cours exceptionnels, mais qui tiennent à des raisons purement idiosyncrasiques. Une fois de plus, le gaz naturel a plombé la performance du sous-secteur de l’énergie, le pétrole et les produits pétroliers étant en hausse par rapport à l’année passée.

  • Alors que l'offre des pays producteurs hors OPEP continue à croître, les pressions sur l'OPEP s’intensifient afin que cette dernière réduise l'offre et maintienne l'équilibre mondial. La réduction du nombre de forages aux États-Unis montre à quel point la croissance de la production peut perdurer dans un environnement de faiblesse des cours.
  • Le mois dernier, les performances des matières premières agricoles ont divergé. Une reprise des achats de couverture sur le café, le cacao et le sucre a entraîné une hausse des cours des produits agricoles de base à l'exception du coton, alors que les céréales (maïs, soja et blé) ont enregistré un recul des expositions spéculatives nettes en raison de perspectives de récoltes moins bonnes que prévu.
  • Une fois de plus, l'incertitude concernant les négociations sur les échanges commerciaux pèse sur les métaux industriels. Les métaux industriels ont à nouveau connu un mois difficile après la modeste reprise enregistrée le mois dernier. Le sentiment haussier qui prévalait sur les marchés boursiers ne s'est pas étendu aux métaux industriels. Les cours de ces derniers n’ont guère évolué et ils ne reflètent aucun progrès significatif sur le front du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine.
  • Le palladium se distingue à nouveau sur fond de morosité ambiante dans le secteur des métaux précieux. Le mois dernier, les marchés boursiers ont fait preuve d'un bel appétit au risque du fait des bons résultats des entreprises américaines au troisième trimestre ainsi que d’un optimisme prudent vis-à-vis de l’évolution des négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine. Les cours des métaux précieux ont reculé durant le mois en raison du ralentissement de la demande de placements refuges. Le palladium s’est néanmoins démarqué de ses pairs et ses cours ont poursuivi la progression entamée ces derniers mois.