Ces nouveaux espoirs en oncologie

Salima Barragan

2 minutes de lecture

«Dès 55/60 ans, le cancer devient davantage un risque réel», estime Rudi Van den Eynde de Candriam.

Au cours de leur vie, un tiers des hommes et des femmes seront atteint d’un cancer. Derrière cette maladie connue de tous, se cache en réalité une centaine - voire encore plus - d’affections différentes. C’est dire que l’étendue de la recherche en oncologie est vaste. Depuis les premiers anticorps fabriqués par Genentech dans les années nonantes, les méthodes de prise en charge des patients ont évolué. Malheureusement, aucun traitement universel qui pourrait s’appliquer à tous les patients n’existe encore. Le point sur les dernières percées scientifiques avec Rudi Van den Eynde, responsable des actions mondiales thématiques chez Candriam.

Les traitements s’améliorent, mais leurs coûts restent importants

Les cellules de notre corps peuvent subir des mutations spécifiques qui les altèrent et amènent au cancer. Or les signaux de cette mutation, «à travers des kinases spécifiques», peuvent être bloqués par les inhibiteurs de ces kinases. Ces mutations touchent une partie limitée des patients atteints par un cancer, le traitement a donc un caractère très personnalisé. Dans ce contexte, après un diagnostic précis, il est primordial d’établir le «genetic footprint» du cancer, par exemple par séquençage génétique. Les inhibiteurs de kinases, pourtant extrêmement efficaces, ne peuvent donc uniquement aider les patients touchés par cette mutation spécifique. Dans le cas du cancer des poumons, par exemple, seulement 1% à 2% des diagnostiqués peuvent être liés à une mutation appelée RET et uniquement ces patients pourront recourir à une thérapie ciblée.  Pour rentabiliser les dépenses en recherche et développement pour ce genre de médicaments, un prix élevé par patient doit être chargé et remboursé.

La thérapie cellulaire se profile comme une
des méthodes actuellement les plus efficaces.

Déjà répandue et applicable à une plus grande frange de la population, la thérapie cellulaire se profile comme une des méthodes actuellement les plus efficaces. «Il s’agit de prendre des cellules T du système immunitaire du patient qu’on modifiera en y ajoutant in vitro de nouvelles souches génétiquement manipulées. Les cellules T ainsi multipliées seront réinjectées chez les patients», explique Rudi Van den Eynde. Mais la thérapie a le désavantage d’entraîner non seulement des effets secondaires, mais également une logistique et des coûts de prise en charge importants. Pour cette raison, ce traitement sur-mesure est réservée aux patients qui ont échoué à toutes les autres alternatives de soins. «Dans l’idéal, l’on pourrait évoluer vers une cellule T universelle et compatible à tous les individus», espère-t-il.

L’immuno-oncologie pour rallonger l’espérance de vie

Les cellules cancéreuses affectent aussi le système immunitaire. L’immun-oncologie cherche à mieux comprendre les interactions entre les différentes formes du cancer avec le système immunitaire. «En bloquant la signalisation entre les cellules malade et les cellules T, le traitement renforce le système entier et accroît ses chances de combattre le cancer» explique Rudi Van Den Eynde. Le taux de réponses positives au traitement s’élèverait de 40 à 70% des cas soignés qui pourront s’attendre à un rallongement conséquent de leur espérance de vie.

L’importance du dépistage précoce à temps

On ne le répètera jamais assez, la meilleure prévention reste le dépistage du cancer lors de sa phase naissante. Souvent, la maladie découverte trop tard, a déjà évolué en métastases. «Un cancer diagnostiqué assez tôt peut être combattu par la chirurgie et la radiothérapie», affirme Rudi Van den Eynde. Or, les dépistages sont souvent difficiles et invasifs, regrette-t-il: «Peu de gens font les analyses nécessaires telle que l’endoscopie. Le vrai progrès consisterait à la création d’un diagnostic par une prise de sang voire un échantillon d’urine dans le cas de certaines affections. Mais il s’agirait d’une méthode très sophistiquée qui n’est encore que de la musique d’avenir».