USA: le chômage au plus bas en 50 ans

AWP

2 minutes de lecture

Grâce aux solides créations d’emplois cet été, le taux de chômage tombe à 3,5% en septembre.

Les créations d’emplois aux Etats-Unis sont restées solides en septembre et le taux de chômage est tombé à son plus bas niveau depuis décembre 1969, une très bonne nouvelle pour le président Donald Trump fragilisé par une procédure de destitution.

Le taux de chômage a reculé à 3,5%, un plus bas depuis un demi-siècle, et l’économie américaine a encore créé 136.000 emplois le mois dernier.

C’est moins que ne l’espéraient les analystes mais le marché de l’emploi s’est révélé bien plus robuste qu’initialement estimé au mois d’août et en juillet.

Une conjonction qui fait dire à certains économistes que la première économie du monde se trouve dans la «zone Boucle d’or», ni trop chaude ni trop froide et que les craintes d’une récession à court terme étaient infondées.

Le président ne s’y est pas trompé et a immédiatement cherché à tirer un avantage politique de la bonne nouvelle sur le thème: pourquoi destituer un président qui fait si bien ?

«Wouah l’Amérique, destitue ton président (même s’il n’a rien fait de répréhensible!)», a ironisé Donald Trump sur son compte Twitter.

Wall Street a ouvert en hausse et le dollar s’est renforcé après la publication de ce rapport sur l’emploi.

Le taux de chômage s’est durablement installé sous la barre des 4% cette année. Et nombre d’Américains, qui n’étaient tout simplement plus dans les statistiques parce que découragés de trouver un travail après la crise financière, sont revenus ces derniers mois sur le marché de l’emploi.

Le chômage pour les hispaniques est au plus bas depuis 1973, a précisé le ministère du Travail. Pour les blancs, il est au plus bas depuis mai 1969. Celui des noirs reste à un niveau historiquement bas (5,5%). Pour les salariés non qualifiés, il est à un plancher depuis 1992, depuis que cette statistique existe.

Le taux de participation à l’emploi, qui atteste en général d’une confiance dans l’économie, est resté inchangé à 63,2%.

Ce rapport de septembre était très attendu car il s’agit du dernier avant la réunion de la Banque centrale américaine des 29 et 30 octobre qui doit décider d’abaisser ou de laisser inchangés les taux d’intérêt.

Ces derniers mois, le président de la Fed Jerome Powell a relevé que le marché de l’emploi et la consommation des ménages étaient les deux points forts de l’économie américaine.

Incertitude

Et alors que la guerre commerciale menée par l’administration Trump contre la Chine commence à affecter l’économie américaine, le maintien d’un marché de l’emploi solide permet d’immuniser en partie l’activité contre un retournement de la conjoncture.

A Wall Street, on s’attend à une nouvelle baisse des taux pour la troisième fois cette année en raison du ralentissement économique: la croissance s’est établie à 2% au deuxième trimestre après 3,1% au premier. Et les économistes projettent un nouvel essoufflement au troisième trimestre dont la première estimation de croissance doit être publiée à la fin du mois.

D’autant que l’incertitude créée par les tensions commerciales décourage les investisseurs et mine la confiance des consommateurs, moteur traditionnel de la croissance.

En outre, l’industrie manufacturière est entrée en récession. Dans ce secteur, le nombre d’emplois a baissé de 2.000 en septembre.

«Les gains d’emploi (...) et le taux de chômage (...) sont des signes rassurants que la dynamique économique reste solide même dans un contexte d’incertitude accrue», a commenté Lawrence Yun, chef économiste de l’Association nationale des agents immobiliers américains (NAR).

«Mais avant de trop nous réjouir, rappelons-nous» que l’emploi n’est pas un indicateur avancé mais «un indicateur a posteriori de l’orientation de l’économie», a-t-il réagi.

Ce rapport devrait ainsi diviser un peu plus le comité monétaire de la Fed.

En septembre, trois membres avaient voté contre la baisse des taux dont deux estimant que cette baisse était injustifiée par le rythme de croissance encore solide.

Depuis le début de l’année, la croissance des créations d’emplois a toutefois ralenti: la moyenne des nouvelles embauches sur trois mois est passée de 223.000 en 2018 à 157.000 en septembre.

Sur le front des embauches en septembre, le secteur de la santé est celui qui a recruté le plus (+39.000), suivi des services aux professionnels (+34.000) et des emplois publics (+22.000).

Le salaire horaire moyen est, lui, resté quasiment stable à 28,09 dollars contre 28,10 dollars le mois précédent.

Un niveau de chômage historiquement bas, «c’est bien mais les gains de salaires se modèrent. Cela ne présage rien de bon pour la croissance des revenus ou les dépenses de consommation», a conclu Joel Naroff, économiste.