Draghi pour une refonte des règles budgétaires en zone euro

AWP

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Le président sortant de la BCE estime que les règles budgétaires interdisant à un Etat membre de voir son déficit public dépasser 3% du PIB devraient être revisitées.

Les règles budgétaires en zone euro «devraient être revisitées», a estimé lundi le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, appelant les Etats à se pencher sur un mécanisme coordonné de relance.

Pour le banquier italien, entendu pour la dernière fois par le Parlement européen avant de passer la main fin octobre à Christine Lagarde, le cadre budgétaire actuel s’est avéré «efficace» pour «limiter l’accumulation des déficits publics et de la dette».

Mais quand l’économie s’essouffle, comme aujourd’hui en zone euro, un tel cadre n’est «clairement pas aussi efficace qu’une règle de stabilisation contracyclique», par laquelle un Etat utiliserait la dépense publique pour stimuler la conjoncture.

Par conséquent, a jugé M. Draghi, «les règles budgétaires» interdisant à un Etat membre de voir son déficit public dépasser 3% du produit intérieur brut «devraient être revisitées».

Certains pays pourraient ainsi encaisser des «chocs asymétriques», soit un ralentissement à contre-courant de leurs voisins, en «trouvant les amortisseurs pour surmonter leur situation», a expliqué le président de la BCE.

Pour cet ultime message aux responsables politiques après huit ans de mandat, il a plaidé pour un «outil central de stabilisation» en zone euro, qui serait surtout efficace «dans les pays dotés de politiques budgétaires prudentes».

Cette déclaration prolonge l’appel qu’il avait lancé le 12 septembre aux pays dotés de marges budgétaires afin qu’ils «agissent» pour relancer l’économie, une allusion à l’Allemagne et son attachement farouche à l’équilibre des comptes publics.

Pour M. Draghi, un tel outil de relance devrait avoir une «taille appréciable» et être «automatique», mais cette solidarité budgétaire entre Etats sera «difficile à mettre en place en Europe», a-t-il reconnu.

Un des obstacles, selon lui, réside dans le «manque de confiance entre les différents pays sur la manière dont ils mènent leurs politique budgétaires». Traditionnellement, les pays du Nord rechignent en effet à l’idée de payer pour leurs voisins du Sud plus endettés.