Climat orageux – Flash boursier Bonhôte

Groupe Bonhôte

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Chute des rendements obligataires. Données chinoises plus fortes qu’attendu.

La volatilité boursière s’est accentuée suite à une vague d’indicateurs économiques décevants, une «bombe» qui a éclaté en Italie avec la crise du gouvernement et les propos de Donald Trump, se déclarant soudain à l’aise si les tractations prévues avec Pékin en septembre étaient annulées.

Les marchés actions ont mal réagi à la chute précipitée des rendements obligataires. Le rendement des Treasuries américains à 10 ans se réduit à 1,7%, celui de la Confédération helvétique frise les -1% et 15 pays européens ont désormais rejoint le club des rendements obligataires négatifs à 10 ans. Les craintes de récession mondiale provoquent une poussée des valeurs refuge, comme le franc suisse, le yen ou l’or.

Trois banques centrales ont abaissé les taux cette semaine. Mais il n’est pas certain que l’amortisseur offert par des politiques monétaires plus accommodantes soit suffisant, ce qui augmente la volatilité sur les marchés financiers. L’incertitude stimule l’attrait pour le dollar en générant un Rally obligataire massif. La détention par les étrangers d’obligations gouvernementales US est ainsi en hausse de près de 6% depuis l’an dernier. L’appréciation du billet vert contre nombre de monnaies pèse sur la compétitivité des multinationales américaines.

En Italie, c’est le remue-ménage dans la coalition gouvernementale. Le vice-président du Conseil et ministre de l’intérieur Matteo Salvini, de la Ligue (extrême-droite) a réclamé jeudi un vote de défiance pour «restituer la parole au peuple», estimant que l’alliance avec le Mouvement 5 Etoiles vacille. Ceci devrait mener à des élections anticipées cet automne. Les doutes sérieux sur les perspectives économiques du pays et du déficit budgétaire ont fait remonter les taux sur les Bons du Trésor italien à 10 ans à 1,8% et ont provoqué une chute des valeurs bancaires européennes.

Du côté économique, des données chinoises plus fortes qu’attendu ont soulagé les investisseurs, sentiment renforcé par un fixing homéopathique du yuan par la Banque Populaire de Chine. Quelques granules autour de 7 contre dollar, juste ce que le docteur a prescrit, plus faible mais pas trop. Les exportations chinoises de juillet sont en hausse de 3,3% sur un an. L’excédent commercial avec les Etats-Unis a cependant gonflé, malgré les taxes, à 68,5 milliards de dollars sur 7 mois. En Allemagne, les exportations baissent et la contraction de la production industrielle se poursuit.

En conclusion, le commerce mondial tend à stagner, l’industrie allemande est en récession mais l’activité en Chine ne se porte pas si mal et le secteur des services se montre globalement résilient. Malgré les perturbations, c’est un soutien pour les marchés boursiers.

L’essentiel en bref

Corrélation récente entre l’or et le bitcoin

L’or et le bitcoin sont deux actifs que tout oppose à priori. L’or est un métal rare que l’on peut détenir en portefeuille certes, mais que l’on peut aussi toucher, et qui a une utilité industrielle (joaillerie par exemple). Le bitcoin est une monnaie dématérialisée qui existe au travers d’un code informatique. Pourtant, au cours de ces trois derniers mois, et surtout depuis le mois d’août, les deux affichent un regain de performance notoire.

Nous sommes d’avis que cette corrélation est trompeuse et temporaire, et qu’il est dangereux de considérer le bitcoin comme une valeur refuge. Pour rappel, la cryptomonnaie a perdu 3/4 de sa valeur en 2018! Cependant nous avons tiré quelques parallèles qui pourraient permettre de lier le destin de ces deux actifs compte-tenu de l’actualité récente.

La guerre des monnaies

Une des spécificités du bitcoin vient du fait qu’il ne dépend pas d’un institut d’émission central et ne peut donc pas être délibérément dévalué. L’or non plus; l’économiste Robert Mundell avait dit en 2011: «L’or n’est la dette de personne et ne peut être dévalué». Ce sont donc deux actifs immuns à la guerre des monnaies qui oppose les géants de ce Monde, notamment la Chine et les Etats-Unis. La dévaluation monétaire, outil de relance économique, n’a donc pas de conséquences pour les détenteurs d’or et de bitcoin.

Les taux d’intérêt

Ni le bitcoin ni l’or ne rémunèrent leurs détenteurs sous forme d’intérêt, par opposition à une obligation qui verse un coupon. Aujourd’hui, 15 trilliards de dollars de dettes affichent un rendement négatif. Le coût d’opportunité de détenir de l’or ou du bitcoin est plus faible que jamais.

La volatilité

Les incertitudes générées par la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis poussent les investisseurs à vendre leurs actifs à risque pour se replier sur les valeurs refuge. Parmi elles figure l’or, mais aussi des monnaies comme le franc suisse et le yen. Les mouvements plus ou moins erratiques du bitcoin rendent sa corrélation aux actifs à risque presque nulle et dès lors peut attirer les investisseurs surtout lors des périodes turbulentes.