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Nicolette de Joncaire

3 minutes de lecture

Saxo Bank enregistre une très forte demande d’ouvertures de compte et un bond du volume de transactions. Entretien avec Renato Santi.

Epaulée par une recherche complète et diversifiée, Saxo Bank n’est pas une plateforme tout à fait comme les autres. Au service d’une large clientèle directe – 850'000 au niveau mondial-, la banque tient aussi à la disposition de certaines institutions une assistance personnalisée, à la croisée du digital et de l’humain. Côté R&D, c’est une équipe très diversifiée (comptant en son sein l’auteur des fameuses «10 prévisions choc», Steen Jakobsen) que l’établissement danois met au service de sa plateforme self-service, avec un flux riche de chroniques et de vidéos. Comme d’autres, Saxo Bank enregistre en ce moment une très forte demande d’ouvertures de compte et une hausse massive du volume de transactions. Entretien avec Renato Santi, directeur général de Saxo Bank (Suisse) depuis un an.

Observez-vous plus d’inscriptions sur votre plateforme en cette période très particulière?

Absolument. Saxo Bank (Suisse) enregistre actuellement environ 4 à 5 fois plus d'ouvertures de comptes qu'à la même période l'année dernière et la demande continue de croître chaque jour. Les volumes de transactions sont également nettement plus élevés qu'au début de l'année. Cela est certainement dû à la situation spécifique du marché, mais aussi au fait que lorsque les gens travaillent depuis leur domicile, ils ont plus de temps pour s'occuper de leurs investissements.

«Nous sommes en train de développer l’achat
et la vente de produits structurés en ce moment même.»
Quel est selon vous le trait le plus important de votre plateforme?

La variété de l’offre. Au-delà des produits couramment offerts par la compétition, notre service digital sur les obligations fonctionne pour les clients particuliers, tant sur les instruments souverains que sur les Corporate, même pour de petits montants. Nous leur donnons aussi accès au marché chinois tant pour les actions que pour les produits de taux. Sont également disponibles des stratégies de protection dont l’achat d’or, par exemple, y compris d’or physique. Actions, obligations, FX, matières premières, ETF, une grande partie des dérivés (futures, options) et CFD, je crois que tout, ou presque, est disponible sur la plateforme de trading.

Les Suisses sont friands de structurés. En offrez-vous?

Nous sommes en train de développer l’achat et la vente de produits structurés en ce moment même. Notez bien que, contrairement à d’autres institutions, nous n’en émettons pas mais mettrons à disposition des produits de tiers.

Qui sont vos clients?

Beaucoup de particuliers: traders ou investisseurs privés. Mais aussi des gérants indépendants et des asset managers externes qui font l’objet d’une assistance personnalisée.

Comment procédez-vous à la qualification d’un client et quelles différences d’un pays à l’autre?

Nos clients doivent indiquer leurs compétences afin que nous puissions définir les produits qu’ils peuvent traiter. Dans l’Union européenne, les règles de MiFID 2 nous interdisent de les laisser acheter des produits, les dérivés par exemple, sans un certain niveau d’expertise. Lorsqu’il s’agit de mandats de gestion, nous devons également déterminer leur sensibilité à la perte.

Vos processus sont-ils entièrement digitaux?

Oui, depuis l’ouverture du compte au reporting en passant par l’ensemble de la gestion des transactions. Même la tolérance de l’investisseur envers le risque peut être évaluée de manière numérique.

«Nous sommes un peu le port d’attache des robo-advisors.»
Les robo-advisors sont-ils bien représentés sur votre plateforme?

Nous sommes un peu leur port d’attache. Plusieurs d’entre eux, TrueWealth, Selma, Yova profitent de notre licence bancaire pour héberger leurs portefeuilles d’investissement.

Mais les robots conseillers ne sont pas les seuls.

C’est exact, nous offrons aussi des solutions d’investissement plus classiques établies par des tiers, comme BlackRock. En fait, Saxo Bank ne fait pas de gestion; nous distribuons des produits et des solutions construits par d’autres établissements. Notre licence bancaire est complète mais nos services sont exclusivement ceux de banque privée online.

Vous avez récemment introduit les papiers (et vidéos) des membres de votre équipe de recherche sur votre plateforme. En Suisse aussi?

Après avoir testé la fonctionnalité au Danemark, à Londres et à Singapour, nous avons permis à notre clientèle d’accéder aux analyses de nos experts partout où notre plateforme est disponible, Suisse comprise. Attention, nous ne faisons pas d’advisory: il s’agit d’opinions d’experts, pas de conseils en investissements.

Votre plateforme est-elle également disponible pour l’utilisation par des tiers?

C’est effectivement le cas. Elle est disponible en white label auprès de banques qui n’ont ni l’envie ni la capacité de développer leur propre infrastructure et qui bénéficient ainsi d’économies d’échelle en mutualisant les coûts.

«Les Suisses ont une capacité d’épargne importante
et une confiance croissante dans la technologie.»
Une plateforme exige-t-elle une innovation constante?

Une plateforme financière n’exige pas autant de nouveautés que le gaming … mais presque.

La Suisse est-elle un marché clé pour Saxo Bank?

C’est un marché de petite taille mais très important sur lequel l’asset management prend de plus en plus de place. Les Suisses ont une capacité d’épargne importante et une confiance croissante dans la technologie. Les clients nous font souvent part de leur étonnement à ne pas pouvoir effectuer nombre d’opérations en self-service auprès de leur établissement bancaire. Quand les marchés tournent mal, ils doivent aller à la pêche aux informations et appeler un conseiller pour effectuer leurs transactions.

Quelle est la répartition entre Suisse romande et Suisse alémanique?

La distribution de notre clientèle suisse est proportionnelle à la population des deux régions. Au Tessin, nous sommes partenaires d’entités locales pour le service digital.

Quelle est la taille de vos effectifs en Suisse?

Entre compliance, gestion du risque et commercial, nous sommes une quarantaine. Pas d’informaticiens toutefois car tout le développement se fait au niveau du groupe.

Pouvez-vous résumer Saxo Bank en deux chiffres?

Nos encours se montent à 46 milliards d’euros et nous servons 850'000 clients en ligne. Depuis la fusion avec BinckBank l’an dernier.