Swiss Re frôle le milliard de bénéfice au premier semestre

AWP

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Le numéro deux mondial de la réassurance a notamment engrangé des primes nettes en hausse de 7,9% à 18,2 milliards de dollars. Les investisseurs apprécient.

Swiss Re, malgré les catastrophes naturelles et autres coûts imprévus, a plutôt bien tiré son épingle du jeu au premier semestre. Le numéro deux mondial de la réassurance a engrangé un bénéfice net de près d’un milliard de dollars, bien au-dessus des attentes.

Le groupe zurichois a annoncé mercredi des primes nettes en hausse de 7,9% à 18,2 milliards de dollars, pour un résultat net de 953 millions de dollars (944 millions de francs).

Ce bénéfice, certes inférieur de 5% au 1,0 milliard de dollars réalisé douze mois plus tôt, est bien meilleur que les prévisions du consensus des analystes AWP, qui tablaient sur 594 millions. Il s’explique à la fois par les activités même de réassurance et le produit des placements.

Dans la réassurance dommages (P&C), un gain de 771 millions de dollars a été engrangé, pour un ratio combiné de 100,5%, meilleur que prévu mais qui indique, étant supérieur à 100%, une activité de réassurance techniquement en perte avant le profit réalisé par les investissements.

Cette perte technique s’explique notamment par des annonces tardives de dommages, au premier trimestre, suite au typhon Jebi qui a frappé le Japon l’automne dernier. Diverses catastrophes naturelles, comme des inondations, des dégâts de grêle et de tempêtes en Australie ainsi que des dommages d’origine humaine (accidents dans des complexes énergétiques ou pétrochimiques) ont aussi pesé.

Crashes coûteux

En outre, les crashes des Boeing 737 Max en Ethiopie et en Indonésie et le «grounding» de ces appareils qui a suivi ont engendré des coûts de 130 millions de dollars. Mais la division P&C est «en bonne voie pour parvenir à un ratio dommages-primes de 98% pour 2019», assure Swiss Re.

L’assurance primaire pour entreprises (CorSo), en pleine transformation, a subi une perte de 403 millions de dollars. Mais les hausses du montant des primes «ainsi que les mesures de réorientation entreprises» doivent permettre de redresser la barre. Le portefeuille de risques est recentré afin de réduire l’exposition, si bien que la division devrait redevenir techniquement rentable, avec un ratio visé de 98% en 2021. Une provision pour risques de 328 millions a été constituée.

La réassurance vie et maladie en revanche a vu son bénéfice croître de 15,3% à 459 millions de dollars. Elle a bénéficié d’une évolution favorable de la mortalité sur le continent américain et d’un rendement financier très solide.

La filiale britannique d’assurance-vie britannique ReAssure a vu son entrée à la Bourse à Londres (IPO) reportée cet été. Le projet est gelé pour cette année en tout cas vu le manque d’intérêt des investisseurs institutionnel, a précisé devant les médias le directeur financier John Dacey.

Swiss Re maintient son intention de réduire sa participation dans ReAssure. «Notre but est de la ramener de 75% actuellement à moins de 50% et de déconsolider ReAssure», a indiqué M. Dacey. Il a avancé 2020 ou 2021 comme horizon de temps pour y parvenir.

Les encaissements de primes ont augmenté dans toutes les unités d’affaires. «La diversification et l’ancrage global de notre portefeuille nous mettent en bonne position pour poursuivre une croissance profitable», déclare dans le communiqué le directeur général (CEO) Christian Mumenthaler.

Pour l’avenir, sans prévisions chiffrées, le CEO se dit confiant au vu notamment des mesures prises dans la division CorSo, talon d’Achille du groupe et doté depuis peu d’un nouveau responsable en la personne d’Andreas Berger. «J’entrevois un large potentiel pour le groupe afin de dégager des rendements attrayants», a dit M. Mumenthaler.

Les analystes ont bien accueilli les résultats et mesures annoncées. Les investisseurs aussi: à la clôture de la Bourse suisse, l’action s’est enrobée de 1,3% à 96,56 francs, dans un SMI en hausse de 0,30%.