Des analyses ADN évaluées en quelques heures
Si la biotechnologie a largement contribué à l’amélioration des soins de santé, elle n’a, à bien des égards, pas encore atteint son plein potentiel. À côté de réussites majeures, comme les anticorps monoclonaux développés à partir des années 1980 ou les vaccins à ARN messager contre le coronavirus mis au point au cours de cette décennie, le nombre de nouveaux médicaments biotechnologiques couronnés de succès est resté, pendant des années, inférieur à celui observé dans d’autres catégories thérapeutiques.
Comment l’expliquer? Sans doute parce que de nombreuses maladies ont des causes génétiques, mais que seule une faible partie d’entre elles sont aujourd’hui parfaitement comprises. Cela est d’autant plus surprenant que 2026 marque le 25e anniversaire du décryptage du génome humain. Manifestement, connaître le code génétique ne suffit pas. Il faut également comprendre le code régulateur qui détermine à quel moment les gènes sont «activés» ou «désactivés». Ces séquences représenteraient entre 8% et plus de 20% du génome humain.
Jusqu’à présent, l’industrie biotechnologique a eu du mal à maîtriser ce degré de complexité avec les outils dont elle disposait. Mais la situation change radicalement avec l’arrivée de l’intelligence artificielle (IA). Aujourd’hui, des analyses ADN qui nécessitaient auparavant plusieurs jours peuvent être évaluées en quelques heures grâce à l’IA. Cette évolution constitue déjà, et continuera d’être, un véritable changement de paradigme pour le secteur de la biotechnologie.
Un développement massif de médicaments issus de la biotechnologie
La découverte de médicaments est un autre domaine dans lequel l’IA gagne rapidement du terrain. Par exemple, une fois qu’une protéine impliquée dans une maladie était identifiée, la recherche d’un candidat-médicament adapté s’apparentait jusqu’ici à la quête d’une aiguille dans une botte de foin. Ce n’est plus le cas.
En utilisant l’IA pour prédire la structure et la fonction de potentiels candidats thérapeutiques, il devient possible de raccourcir les délais de développement de plusieurs années.
Et ce n’est que le début du rôle croissant de l’intelligence artificielle dans la biomédecine. L’IA permet notamment d’identifier, au sein d’immenses bases de données génomiques, les gènes les plus étroitement liés au processus de vieillissement. Un exemple simple: il est désormais possible d’estimer l’âge biologique d’un organisme à partir du seul profil d’activité de ses gènes.
L’avenir nous dira quelles approches fondées sur l’IA déboucheront sur des thérapies commercialement viables. Une chose est toutefois certaine: la biotechnologie sera au cœur de cette transformation. Selon les estimations actuelles, la part des médicaments issus de la biotechnologie pourrait représenter près de 60% des ventes pharmaceutiques mondiales d’ici 2030.
La longévité: une thématique adaptée à tous les profils de risque
Les piliers sont des entreprises de santé bien établies qui bénéficient d’une demande structurellement soutenue en médicaments, procédures médicales et services de soins. On y retrouve les grands groupes pharmaceutiques, les assureurs santé, les hôpitaux, les laboratoires, les pharmacies ainsi que les fabricants historiques de dispositifs médicaux.
Ces entreprises peuvent offrir des flux de trésorerie relativement stables et bénéficier d’une croissance progressive portée par l’amélioration des produits existants et l’arrivée de nouvelles thérapies.
Les facilitateurs fournissent les outils et les infrastructures qui permettent aux entreprises de biotechnologie, de technologie médicale et de médecine de précision de déployer leurs solutions à grande échelle.
Cette catégorie très diversifiée regroupe les fournisseurs d’outils pour les sciences de la vie, les plateformes avancées de diagnostic et d’imagerie, les technologies dédiées à la santé ainsi que les spécialistes de la donnée médicale.
Ces acteurs sont susceptibles de profiter de l’augmentation des dépenses de recherche et développement ainsi que de la transition vers des procédures moins invasives et des soins davantage pilotés par les données, autant de tendances qui nécessitent des équipements, des capacités de production et des logiciels de plus en plus sophistiqués.
Les innovateurs de pointe à l’avant-garde de l’écosystème de la longévité sont les entreprises de biotechnologie spécialisées dans l’oncologie, les maladies métaboliques et neurologiques ou encore les maladies rares.
Cette catégorie comprend également les sociétés qui appliquent l’intelligence artificielle à la découverte de médicaments, au diagnostic ou à la conduite des essais cliniques, parmi de nombreux autres domaines émergents.
Ces entreprises offrent le potentiel de rupture le plus important et sont susceptibles de créer de nouveaux marchés. En contrepartie, elles présentent également le niveau de volatilité le plus élevé, leurs valorisations pouvant réagir fortement aux résultats d’essais cliniques, aux décisions réglementaires ou aux avancées technologiques.
Pris ensemble, ces trois groupes transforment la longévité d’un simple récit d’investissement en une thématique cohérente et attractive, couvrant un large éventail d’entreprises, depuis les leaders résilients des soins de santé jusqu’aux innovateurs à fort impact situés à la frontière technologique.
Comme toujours, il n’y a toutefois aucune garantie. La longévité demeure un domaine d’investissement avec des risques significatifs, notamment en raison d’expositions de long terme dont les conséquences restent difficiles à quantifier avec précision.
Pour lire l’article développé dans le mid-year Global Outlook de LGT sur le même thème, cliquez ici.