Croissance économique: l’emploi, première victime de la pandémie

David Kohl, Julius Baer

1 minutes de lecture

Impact des mesures plus fort sur l’emploi que sur la production économique.


©iStock

Les nouveaux cas d’infections à la COVID-19 restent très élevés en Europe et aux Etats-Unis. L’économie mondiale va certainement subir une nouvelle fois les effets de la nouvelle vague de la pandémie du coronavirus. Cela étant, l’ampleur d’un éventuel frein économique ne saurait dépendre du nombre de nouvelles contaminations. Force est de constater que les mesures de confinement visant à ralentir la propagation du virus sont appliquées de manière plus nuancée. L’accent est plutôt mis sur le secteur de l’hôtellerie et des loisirs, dont l’impact sur l’emploi est nettement plus prégnant que sur la production économique. En Suisse, ces secteurs à forte main-d’œuvre représentent environ 10% de l’emploi, mais seulement 4% de la production. Aux Etats-Unis, le contraste est encore plus marqué. La part de l’emploi y est de 13%, tandis que les loisirs et l’hôtellerie ne représentent que 3,8% de la production totale. C’est donc l’emploi plutôt que la production qui est la première victime du rebond des infections à la COVID-19. La perspective d’un vaccin disponible dans les mois à venir constitue un autre facteur de ralentissement de la propagation du virus, et devrait réduire le recours à des mesures économiquement douloureuses, telles que les restrictions de mobilité particulièrement contraignantes. Les pays qui ont adopté des mesures de confinement de grande envergure, comme la France, devraient connaître une forte baisse de croissance au cours du dernier trimestre de l’année en cours suivie d’un rebond en 2021, lequel sera fortement conditionné à l’assouplissement desdites mesures. En revanche, dans les pays où les mesures de confinement ont été limitées aux secteurs à faible part de production – comme c’est le cas de la Suisse, de l’Allemagne et des Etats-Unis –, la croissance du PIB ne sera que modérément impactée au cours du trimestre en cours et du suivant.