Zone euro: la croissance a ralenti à 0,4% au troisième trimestre

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La décélération est toutefois moindre qu’attendu. Les analystes tablaient sur une progression de seulement 0,2%. L’économie française est entrée en zone rouge.

La croissance dans la zone euro a une nouvelle fois bien résisté au troisième trimestre, défiant les prix de l’énergie en hausse, et les attentes plus pessimistes des analystes.

La croissance du Produit intérieur brut (PIB) a atteint 0,4% sur la période juillet-août-septembre, un ralentissement par rapport au trimestre précédent, mais beaucoup moins net que ne le redoutaient les analystes, selon les chiffres annoncés vendredi par Eurostat.

«Malgré l’aggravation du choc énergétique, l’économie reste résiliente», a commenté Bert Colijn, économiste en chef auprès de la banque néerlandaise ING.

Les analystes interrogés par Bloomberg s’attendaient à une hausse limitée à 0,2% pour les 21 pays partageant la monnaie unique, après une croissance de 0,6% au trimestre précédent.

Pour l’ensemble des pays de l’Union européenne, la croissance a atteint 0,5% au troisième trimestre, en baisse par rapport au trimestre précédent (0,7%).

Sur un an, la croissance de la zone euro a atteint 1,3%, moins que celle enregistrée dans l’ensemble des 27 pays de l’UE (1,5%).

Une fois encore, c’est l’Irlande qui a enregistré la plus forte croissance à 5,5%. Mais ce chiffre est à prendre avec beaucoup de prudence, avertit Eurostat, car basé sur des données incomplètes.

En excluant l’Irlande, la croissance en zone euro atteint tout de même le chiffre «décent» de 0,2%, souligne Paolo Grignani, analyste auprès d’Oxford Economics.

D’autant plus «décent» que la France, deuxième économie de la zone euro, est entrée dans le rouge au troisième trimestre avec une baisse de 0,1 % de son activité.

«à l’arrêt»

«L’économie française est à l’arrêt», a dû reconnaître le ministre français de l’Economie Roland Lescure.

Elle décroche aussi par rapport à ses voisins. Le PIB a augmenté de 0,2% au troisième trimestre en Allemagne, dépassant les attentes, et a continué à caracoler en Espagne, avec +0,6%.

Seule la Lituanie a également enregistré un recul du Produit intérieur brut au trimestre passé (-1,0 %). En Italie, l’activité est restée stagnante (0,0 %), mais a en revanche bien progressé aux Pays-Bas (+0,6 %), en République tchèque (+0,5 %) ou en Finlande (+0,5 %).

«Malgré des vents contraires inflationnistes persistants, le résultat de la zone euro a été plus solide que prévu», a souligné Liam Daly, économiste auprès du CEBR, un centre d’études et de recherche en économie.

«L’économie de la zone euro semble ignorer la crise au Moyen-Orient», a également relevé Bert Colijn. Mais, a-t-il ajouté, «la plupart des grandes économies de la zone euro ont enregistré une croissance trimestrielle plus faible au troisième trimestre» que lors du trimestre précédent.

Et en excluant l’Irlande, il faut s’attendre au cours des prochains mois, à un taux de croissance «modeste», a encore pronostiqué cet expert.

Les prix de l’énergie restent élevés, et rien n’indique qu’ils vont rapidement baisser alors que l’hiver se rapproche. De plus, note M. Colijn, les taux d’intérêt sont «maintenant plus élevés et les entreprises montrent moins d’appétit pour emprunter», ce qui pèsera sur l’activité.

«Les prix de l’énergie restent le principal moteur de l’inflation globale, mais des signaux préoccupants indiquent que le choc énergétique se propage rapidement à d’autres composantes», a averti de son côté Paolo Grignani.

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