Le gaz européen flambe à plus de 100 euros le mégawattheure, au plus haut depuis 2022

AWP/AFP

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Dopé par la guerre au Moyen-Orient et par des stocks plus bas que l’an dernier à l’approche de l’hiver, le TTF néerlandais grimpe de 4,38% à 100,45 euros vers 16h, un bond de plus de 250% depuis le début de l’année.

Le gaz européen a dépassé les 100 euros le mégawattheure mercredi pour la première fois depuis quatre ans, dopé par la guerre au Moyen-Orient et par des stocks plus bas que l’an dernier à l’approche de l’hiver.

Il n’avait pas dépassé ce niveau depuis la crise énergétique de 2022 provoquée par l’invasion russe de l’Ukraine.

Comme pour le pétrole, la hausse du prix du gaz reflète les inquiétudes du marché concernant la possibilité d’une nouvelle campagne de frappes par les Etats-Unis sur l’Iran après les élections de mi-mandat américaines.

Celle-ci pourrait en retour entraîner des représailles iraniennes contre les infrastructures énergétiques de la région.

Selon le Wall Street Journal, qui cite des «personnes informées de ces conversations», les Etats-Unis ont demandé à plusieurs pays du Golfe de se préparer à une campagne courte et intense après les élections américaines (dites «midterms») prévues le mardi 3 novembre.

Mais contrairement aux exportations de brut en provenance du Moyen-Orient qui montrent depuis plusieurs semaines des améliorations notables, les cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL) qui sortent du Golfe restent très limitées.

Bataille des prix avec l’Asie

Le Qatar était de loin le principal producteur de gaz de la région, et ses exportations actuelles de GNL «ne représentent actuellement que 20 à 30% de sa capacité», souligne Norman Liebke, analyste chez Commerzbank.

Cette diminution persistante de l’offre pousse les importateurs en Asie et en Europe à se livrer une bataille de prix pour attirer les cargaisons de GNL dites «flexibles», c’est-à-dire qui ne sont pas déjà sous contrat.

Et à l’approche de l’hiver, les stocks européens de gaz restent inférieurs à ceux de l’an passé.

Mardi, les réserves de l’Union européenne n’étaient remplies qu’à 74,93%, contre 82,91% observés l’an dernier à la même date, selon la plateforme européenne Aggregated Gas Storage Inventory (AGSI).

Le cas de l’Allemagne, le plus gros consommateur de gaz en Europe préoccupe particulièrement les marchés, avec des stocks remplis à seulement 61,65%.

Pression avant l’hiver

Le passage du gaz européen au-delà des 100 euros le mégawattheure intervient aussi au moment où «une production éolienne très faible est attendue dans le nord-ouest de l’Europe au cours des deux prochaines semaines», explique Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management.

En parallèle, l’analyste relève que «les températures devraient passer sous les normales saisonnières durant la première semaine de novembre».

Cette situation devrait accroître la demande de production d’électricité à partir de gaz en Europe, et pousse donc aussi les prix.

Vers 15H55, le contrat à terme du TTF néerlandais, la référence européenne, s’affichait en hausse de 4,38% à 100,45 euros le mégawattheure, une hausse de plus de 250% depuis le début de l’année.

Le TTF néerlandais reste cependant très loin des sommets de la crise énergétique déclenchée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie, lorsqu’il avait atteint 345 euros le mégawattheure en mars 2022.

En cas d’apaisement des tensions au Moyen-Orient, les prix pourraient retomber significativement à «environ 50 euros le mégawattheure», sans toutefois revenir à leurs niveaux d’avant-guerre, estime M. Liebke.

«L’offre en provenance du Qatar devrait rester contrainte jusqu’en 2028 en raison de la perte à moyen terme de 17 % de ses capacités» à cause de dégâts liés à la guerre sur son infrastructure énergétique, précise l’analyste.

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