Les Bourses d’Asie sont restées prudentes lundi à l’orée d’une semaine marquée par des réunions cruciales de banques centrales, dont la Fed, et par les résultats de géants américains de la tech, un net repli du pétrole ne suffisant pas à rasséréner les investisseurs.
A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a terminé en repli de 0,80% à 62’189 points.
A Séoul, l’indice phare Kospi a reculé en clôture de 1,46%. La Bourse de Sydney a gagné 0,17% et l’indice hongkongais Hang Seng progressait de 0,52% vers 06h45 GMT. Taipei était fermée pour cause de jour férié.
L’attentisme dominait au gré d’échanges prudents avant une réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) les 27 et 28 octobre.
«Les marchés entament une semaine charnière. Ils s’attendent globalement à ce que la Fed maintienne ses taux inchangés, et ce sont les orientations accompagnant cette décision qui constitueront le principal catalyseur», observe Lloyd Chan, de la banque MUFG.
La Banque centrale européenne (BCE) et la Banque du Japon (BoJ) doivent également se prononcer plus tard dans la semaine.
Par ailleurs, après plusieurs séances marquées par une vague de ventes des valeurs tech sur fond de craintes quant à la rentabilité de l’intelligence artificielle (IA), le marché guette les résultats d’Alphabet, Microsoft et Amazon attendus cette semaine.
«Les investisseurs se montrent de plus en plus exigeants concernant les investissements dans l’IA : l’attention se déplace de la simple croissance du chiffre d’affaires vers la rentabilité, les dépenses d’investissement et les rendements concrets», prévient Daniela Hathorn, de Capital.com.
«Des marges décevantes ou une nouvelle hausse des dépenses pourraient renforcer les inquiétudes liées à des valorisations élevées. Compte tenu du poids de ces entreprises dans les indices américains, leurs résultats pourraient avoir des répercussions significatives sur le sentiment général des marchés» mondiaux, insiste-t-elle.
Le dollar stable avant la Fed
La devise américaine était quasi stable face à la monnaie japonaise vers 06h45 GMT, à 156,94 yens pour un dollar.
Là encore le marché apparaît suspendu à la politique monétaire: la Fed, qui a relevé ses taux d’intérêt en septembre pour contenir l’inflation, semble ne pas vouloir continuer sur cette lancée pour l’heure, repoussant à décembre un éventuel nouveau tour de vis monétaire.
«L’accumulation de positions longues sur le dollar, parallèlement au renforcement de la devise, suggère qu’une partie du scénario fondé sur des taux américains plus élevés et un dollar plus fort est déjà intégrée dans les cours», estime Lloyd Chan.
«Un ton ferme de la part de la Fed pourrait prolonger la dynamique haussière du dollar. En revanche, en l’absence de surprise significative dans ce sens, (il y a) une possibilité de repli tactique ou de consolidation du billet vert», prévient-il.
Les investisseurs «guetteront des indices permettant de déterminer si l’inflation persistante et le niveau élevé des prix de l’énergie pourraient justifier un nouveau durcissement monétaire», susceptible de doper encore le dollar, confirme Daniela Hathorn.
Parallèlement, «les perspectives de la Banque du Japon seront cruciales pour le yen, alors que les marchés évaluent la probabilité de nouvelles hausses de taux» d’ici fin 2026 sur fond de forte poussée inflationniste, ajoute-t-elle.
Net repli du pétrole
Vers 06h45 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, lâchait 1,89% à 101,31 dollars. Celui du baril de WTI nord-américain abandonnait 1,46% à 115,02 dollars.
Les cours reprenaient leur souffle après avoir fortement bondi la semaine dernière à leurs plus hauts niveaux depuis avril, dans des marchés anticipant une nouvelle escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran.
Le président américain Donald Trump a déclaré plusieurs fois récemment qu’il allait bientôt prendre une «décision» concernant l’Iran, affirmant qu’il pourrait adopter «la manière douce» ou «la manière forte».
De son côté, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a affirmé dimanche avoir aidé les pays du Golfe à exporter 1,5 milliard de barils de pétrole via le détroit d’Ormuz depuis l’été, en contournant le verrou iranien.