Le dollar fait du surplace mercredi, pris entre la hausse des prix du pétrole risquant de doper l’inflation et les inquiétudes pesant sur le secteur technologique susceptibles de freiner la croissance et le marché des actions américain.
«La montée des inquiétudes autour des valeurs technologiques a quelque peu entamé la conviction du marché» que la Réserve fédérale (Fed) relèvera ses taux directeurs, fragilisant le billet vert, constate Francesco Pesole, analyste chez ING.
Les acteurs du marché expriment effet des doutes croissants sur la rentabilité des investissements des géants de la tech dans l’intelligence artificielle, financés de plus en plus via l’endettement. Aucun modèle économique viable n’a encore été trouvé par les entreprises d’IA.
Un environnement économique affecté aux Etats-Unis par les déboires des colosses technologiques pourrait dissuader la Fed de relever ses taux, sous peine de plomber davantage la croissance. Cette perspective tend à lester le billet vert, qui profite traditionnellement de taux d’intérêts élevés.
Dans le même temps, le conflit au Moyen-Orient se poursuit, tout comme les frappes ukrainiennes et russes sur leurs infrastructures énergétiques.
Or «la hausse des prix de l’énergie et la demande de valeurs refuges soutiennent la demande de dollars», devise dans laquelle sont libellés les hydrocarbures, rappelle Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
Vers 10h50 GMT (11h50 HEC), le Dollar index, qui compare la monnaie américaine à un panier d’autres grandes devises, était stable (+0,02 %) à 100,728 points.
Le billet vert grignotait 0,09 % à la monnaie unique européenne, à 1,1226 dollar pour un euro, et lâchait 0,07 % à la devise britannique, à 1,3390 dollar pour une livre.
L’inflation a accéléré en septembre au Royaume-Uni, de 3,5 % sur un an, soit davantage que prévu par les analystes, et bien au-dessus des 3,1% d’août, sous l’effet notamment de l’augmentation des prix des carburants, selon des chiffres officiels publiés mercredi.
Ils viennent s’ajouter à de récentes données montrant un recul inattendu du chômage et une croissance économique surprenant à la hausse en août, offrant plus de marge de manoeuvre à la banque centrale britannique pour rehausser son taux directeur.
«Il est désormais quasiment certain que la Banque d’Angleterre relèvera ses taux en novembre», et cette accélération de l’inflation «ouvre la possibilité d’une deuxième hausse en février», même si loin d’être acquise, estime Matthew Ryan, analyste chez Ebury.