USA: le déficit public s’est creusé lors de l’année fiscale 2026

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Accentué par le remboursement des droits de douane et les intérêts croissants payés sur la dette US, le déficit public a enflé de 12% par rapport à l’année précédente, pour monter à 1992 milliards de dollars.

Le déficit public des Etats-Unis s’est creusé au cours de l’année fiscale qui vient de s’achever, accentué par le remboursement des droits de douane après leur annulation par la Cour suprême et les intérêts toujours plus importants payés sur la dette américaine.

Entre octobre 2025 et septembre 2026, le déficit public de la première économie mondiale a progressé de 12% par rapport à l’année précédente, pour monter à 1992 milliards de dollars, soit près de 220 milliards de dollars de plus qu’en 2025, selon les données publiées vendredi par le département du Trésor.

Au total, les dépenses ont augmenté de 386 milliards de dollars, soit deux fois plus vite que les recettes (169 milliards de dollars).

Et dépenses comme revenus ont atteint des niveaux records, selon le département du Trésor, malgré la volonté du gouvernement de réduire les dépenses.

Dans ces conditions, le déficit de l’Etat fédéral représenterait environ 6,2% du produit intérieur brut (PIB) en 2026, contre 5,9% en 2025. Il s’agit cependant d’une estimation dans la mesure où les chiffres du PIB pour la période n’ont pas encore été publiés.

Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a pourtant affirmé à plusieurs reprises que l’objectif était de ramener progressivement le déficit vers les 3%, tout en mettant en place des mesures soutenant l’économie pour amener la croissance à 3%.

Le Fonds monétaire international (FMI) l’attend à 2,3% pour cette année, selon son rapport annuel sur l’économie mondiale (WEO) publié en début de semaine.

Pour Nancy Vanden Houten, économiste pour Oxford Economics, l’année 2027 «devrait s’achever sur un déficit similaire», loin de l’objectif de 3%, avec même «un risque de trou budgétaire plus élevé si la guerre en Iran se poursuit durant cette année fiscale».

Sur la période, les remboursements de surtaxes douanières ont représenté 145 milliards de dollars supplémentaires pour l’Etat fédéral américain.

Ces remboursements sont la conséquence de l’annulation en début d’année par la Cour suprême d’une majorité des nouveaux droits de douane imposés par Donald Trump, qui avaient l’année précédente permis de récolter 202 milliards de dollars.

Une dette toujours plus coûteuse

Le président américain a depuis mis en place de nouveaux droits de douane sur les échanges avec les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, qui ont permis de compenser une partie des remboursements réalisés.

Les intérêts sur la dette publique américaine ont également augmenté sur l’année écoulée de 144 milliards de dollars (+12%), pour atteindre au total 1360 milliards de dollars.

La dette publique américaine a dépassé durant l’année la barre des 40’000 milliards de dollars, atteignant 41’172 milliards de dollars au 30 septembre.

L’augmentation de la dette, l’incertitude provoquée par le conflit au Moyen-Orient, la hausse des taux de la Réserve fédérale (Fed) pour lutter contre l’inflation et la concurrence sur les marchés financiers des emprunts réalisés pour développer les centres de données de l’intelligence artificielle viennent par ailleurs renchérir le coût des bons du Trésor.

Le bon à 10 ans, valeur de référence, est ainsi passé de moins de 4% en octobre 2025 à plus de 5,20% fin septembre 2026.

Et «l’augmentation du stock de dette ainsi que des taux d’intérêt sur une plus longue période va augmenter la pression sur les dépenses du gouvernement», a anticipé dans sa note Mme Vanden Houten.

Parmi les autres dépenses, celles de défense ont progressé de 48 milliards de dollars, soit 6% de plus, notamment du fait du conflit au Moyen-Orient.

De manière plus classique, les programmes Medicaid et Medicare, qui concernent l’aide médicale et sociale aux retraités et populations vulnérables, ont de nouveau progressé de 8% chacun, ajoutant au total 120 milliards de dollars de dépenses supplémentaires pour le département de la Santé, qui en a la charge.

Les deux programmes ont pourtant été la cible de coupes de la part du Congrès contrôlé par les républicains, qui ont également réduit les programmes d’aide alimentaire, également dépendant du budget du département de la Santé, sans résultat tangible cependant.

Du côté des recettes, la bonne tenue de l’économie américaine a permis une hausse importante du produit des impôts, notamment auprès des particuliers, qui a rapporté au total plus de 270 milliards de dollars de plus, permettant de compenser partiellement la hausse des dépenses.

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