Une prospérité réelle, des équilibres à construire

Michaël Nizard, Edmond de Rothschild Asset Management

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L’inflation américaine s’accélère sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie, tandis que les indicateurs d’activité et de confiance montrent un ralentissement progressif.

La semaine a été marquée par le premier impact du rebond des prix énergétiques sur les données d’inflation américaine. Le CPI total est sorti à 3,7% versus 3,4% en août, porté par une hausse de l’essence de 9,1% sur le mois, mais surtout avec une partie sous-jacente au-dessus des attentes à 2,6% et 2,4%. L’indice des prix à la production est remonté de 6,3% versus 5,4% en août soit sa plus forte progression sur plus de 4 ans. En écho à cette pression des prix et en amont des élections de mi-mandat difficiles pour les républicains, Donald Trump a tenté d’impacter le marché en annonçant un accord avec la Russie pour l’achat de diesel malgré les sanctions et un cessez-le-feu énergétique entre la Russie et l’Ukraine. Il espère ainsi diminuer les pressions sur les prix énergétiques. Le marché n’a que peu réagi du fait des réticences internes marquées aux Etats-Unis, y compris de certains sénateurs républicains, et l’absence de confirmation des deux pays concernés notamment de l’Ukraine, soulignant une attaque sur ses infrastructures énergétiques et la poursuite de sa stratégie de ciblage des infrastructures énergétiques russes. En outre, le conflit se poursuit au Moyen-Orient avec l’intensification des attaques entre l’Arabie Saoudite et les Houthis.

Coté croissance américaine, le Beige Book de la Fed a souligné le renforcement en cours des hausses de coûts et le risque d’affaiblissement de la dynamique de croissance. Ceci se reflète dans les ventes au détail sorties en décélération à +0,8% versus 1,3% en août. L’indicateur de confiance des consommateurs américains du Michigan est également en baisse à 46,3 versus 48,1. Il reste cependant conforme aux attentes sur la partie perspectives et anticipations d’inflation.

En Chine, ces hausses de prix se répercutent sur les prix à la production, en hausse de 5% versus 3,8% en août avec des exportations en augmentation de 36,3% sur un an (versus 25% en août) mais l’augmentation des prix à la consommation reste contenue à 0,9%. La Chine a par ailleurs signé un accord avec l’UE pour limiter les importations européennes de voitures hybrides.

Les pays de l’UE sont entrés dans des négociations ardues pour réduire l’enveloppe budgétaire de l’union de 8% et en déterminer l’allocation. Au Royaume-Uni, avec une croissance du PIB en décélération à 0,1%, le gouverneur de la banque centrale Bailey considère qu’il n’y a pas d’effet de second tour et que le choc d’inflation actuel est différent du précédent et ne justifie pas de remontée de taux à ce stade.

Dans un contexte avec des hausses de taux anticipées importantes par les marchés, nous demeurons positifs sur la duration en privilégiant les maturités courtes et intermédiaires. A la suite d’un mouvement de baisse des actions et en amont d’une saison de résultats susceptible de souligner la bonne tenue des entreprises, nous avons renforcé notre exposition aux actions.

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