L’euro s’affaiblit à nouveau lundi avec le démarrage des tractations parlementaires à haut risque sur le budget 2027 de la France et alors que les prix de l’énergie continuent d’augmenter.
Vers 18H30 GMT, la monnaie unique européenne se repliait de 0,38% face au billet vert, à 1,1157 dollar pour un euro, et de 0,17% face à la devise britannique, à 84,49 pence pour un euro.
Les députés commencent lundi en commission l’examen du projet de budget de la Sécurité sociale, début d’un marchandage politique à haut risque alors que le gouvernement veut couper de moitié le déficit de la Sécurité sociale.
Les débats sur le budget de l’État pour 2027 ouvriront, eux, mardi à l’Assemblée nationale.
S’il y a peu de chances que les discussions aboutissent, «le gouvernement pourrait finalement parvenir à faire passer ce budget par décret», dans un scénario qui «éviterait de renverser le gouvernement», estime Chris Turner, analyste d’ING.
«Cela ne constitue toutefois guère un facteur de soutien pour l’euro», relève-t-il.
La devise «a sous-performé» ces dernières semaines «dans un contexte d’inquiétudes croissantes concernant la crise de la dette française, qui s’aggrave, et le risque que celle-ci ne se propage à d’autres pays fortement endettés», rappelle Fiona Cincotta, analyste de Forex.com.
Les investisseurs craignent notamment que la période - à moins de six mois des élections présidentielles françaises - n’incite pas les politiques à chercher à assainir les finances publiques.
L’euro souffre aussi de la trajectoire haussière des cours du pétrole, après une série d’attaques contre des aéroports et des infrastructures énergétiques saoudiennes.
Les hauts prix de l’énergie agissent comme un accélérateur pour l’inflation et un frein pour l’économie.
Le dollar s’en sort mieux car c’est la devise centrale pour les échanges d’hydrocarbures, que les États-Unis sont un important producteur d’or noir et que le billet vert fait office d’actif refuge.
Les cambistes attendent désormais plusieurs indices d’inflation aussi bien côté américain que zone euro, publiés plus tard dans la semaine.