L’euro est en hausse mardi et rattrape une petite partie de ses pertes des derniers jours, profitant d’un répit du côté des taux obligataires français malgré les craintes sur la soutenabilité de la dette du pays.
Vers 19H00 GMT, la monnaie unique européenne reprenait 0,34% à la devise américaine, à 1,1261 dollar pour un euro.
La paire était tombée la veille jusqu’à 1,1161 dollar pour un euro, un plus bas depuis la mi-mai.
«La chute des OAT (titres de dettes émis par l’Etat français, ndlr) a été l’un des facteurs les plus déterminants à l’origine de la récente baisse de l’euro», rappelle Stephen Innes, analyste pour SPI Asset Management.
La France subit depuis plusieurs semaines la défiance des marchés, qui exigent des taux plus élevés pour lui prêter. En cause, une dette publique représentant 119% du PIB, sur fond de blocage politique avant les discussions au Parlement sur le budget de 2027 et quelques mois avant une élection présidentielle à l’issue très incertaine.
Mais, mardi, les taux mondiaux se sont détendus, profitant notamment de la baisse des cours du pétrole. En Europe, le mouvement a été accru par de mauvais indicateurs économiques qui atténuent les attentes d’une hausse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE).
Cette détente généralisée a permis au taux français à dix ans - l’échéance la plus suivie - de reculer de 0,10 point de pourcentage par rapport à la veille, à 4,75%.
«Le problème budgétaire n’a pas disparu comme par magie. La France ne dispose toujours pas d’une voie claire vers l’assainissement budgétaire, le contexte politique reste chaotique et le seuil d’intervention directe de la BCE est élevé», relève Stephen Innes.
Favorite dans les sondages, la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen a promis mardi «140 milliards d’euros nets d’économie» sur cinq ans si elle est élue, tout en assurant que le déficit public peut passer sous la barre des 3% dès 2030. Un plan vivement dénoncé par ses opposants.
«En l’absence de solution évidente aux inquiétudes concernant les finances publiques françaises et leurs répercussions potentielles sur l’ensemble de la zone euro, le sentiment à l’égard de la monnaie unique reste fragile», écrit George Vessey, de la plateforme Convera.