France: «Le réel nous rattrape», alerte Lecornu

AWP/AFP

1 minute de lecture

Les taux d’intérêt à 10 ans auxquels la France refinance sa dette sur les marchés ont dépassé mardi le seuil de 4,8%, pour la première fois depuis 2008.

Taux d’intérêt record et tensions énergétiques sur fond de campagne présidentielle: «Le réel nous rattrape», a alerté mercredi Sébastien Lecornu avant la présentation du budget en Conseil des ministres jeudi, en invitant les forces politiques qui en débattront au Parlement à ne pas ajouter «de l’instabilité à ces difficultés».

Mardi, «la France a emprunté à près de 4,8% à 10 ans, contre 3,5% il y a un an. Il faut remonter à 2008 (année de crise financière, NDLR) pour retrouver un tel niveau», écrit le premier ministre. «Les tensions énergétiques poussent les taux à la hausse dans de nombreux pays» et «en France, l’incertitude politique à l’approche de la présidentielle ajoute à cette pression», souligne-t-il.

«N’ajoutons pas de l’instabilité à ces difficultés», ajoute M. Lecornu, qui fait face également à des finances publiques dégradées, avec un déficit qui a dérapé en 2026 à 5,4% au lieu des 5% espérés, et une dette publique qui s’alourdit et s’annonce record en 2027.

Les taux d’intérêt à 10 ans auxquels la France refinance sa dette sur les marchés ont dépassé mardi le seuil de 4,8%, pour la première fois depuis 2008. L’écart avec son équivalent allemand, référence en Europe, continue de grimper, s’approchant de 1,20 point de pourcentage, du jamais vu depuis 2012.

«Davantage d’intérêts à payer, c’est moins de moyens pour les priorités du pays», prévient le chef du gouvernement, et «cette réalité s’impose à tous», y compris les candidats à l’élection présidentielle, affirme Sébastien Lecornu.

Le chef du gouvernement rappelle qu’il présentera jeudi «un budget de redressement» dont il avait exposé à la mi-septembre les grandes lignes en affichant un «effort» de 54 milliards d’euros. Et qu’il restera «à la disposition de chacun pour construire les compromis nécessaires et aboutir» à son adoption.

Un vote en bonne et due forme semble quasiment exclu sur le budget à l’approche de la présidentielle qui risque de polariser encore plus les débats. Et le gouvernement ne veut pas, en cas d’impasse, d’une loi spéciale pour reconduire temporairement les crédits de 2026, ce qui selon lui grèverait encore le déficit.

Il lui reste donc pour l’adoption du budget l’article 49.3 de la Constitution, qui implique de trouver un texte de compromis que le Parti socialiste ou le Rassemblement national ne censure pas, ou bien les ordonnances, un dispositif jamais utilisé jusqu’à présent.

A lire aussi...